‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 254 sur 263 · VII · texte numérisé non relu

VII

tives et ont fait de mon histoire un livre de famille. Je voudrais qu'il fût à la hauteur de son sujet; mais ne seraitil qu'un livre pour le temps, et ne servirait-il qu'à frayer la route à un autre qui donnerait au protestantisme français son histoire définitive, que je devrais m'estimer encore très-heureux d'avoir écrit pour une génération. Tel qu'il est, j'offre mon ouvrage à ces chères Églises réformées de France dont l'avenir m'apparaît à travers tant de nuages sombres; puissent-elles trouver dans sa lecture des forces pour traverser les jours mauvais qui se préparent; puissent-elles comprendre et sentir que si noblesse oblige, protestantisme oblige plus encore, et que nul n'a droit de se réclamer de la descendance des réformateurs, si la foi qui les rendit si grands et si fidèles n'est pas son partage. Je suis triste, mais non découragé; car je sais que si nos cadres officiels sont des prisons où le formalisme se trouve parfaitement à l'aise, ils ne le sont pas pour la vie chrétienne; tôt ou tard ils se rompront: quand sera-ce? Nul ne saurait le dire; mais en attendant ce moment, le devoir le plus impérieux pour tout protestant, c'est de vivre de la foi des pères et. de les imiter dans leur fidélité sans laquelle, depuis longtemps, le protestantisme français ne vivrait plus que dans l'histoire.

Reçois maintenant, toi aussi, ô mon Dieu! mes actions de grâces de ce que, en prolongeant mes jours et en më donnant force et santé, tu m'as permis d'achever mon œuvre. Qu'elle soit aussi ton œuvre, et elle le sera; ma conscience m'en rend le doux témoignage ; j'ai été intègre et droit dans mon labeur: j'ai haï l'erreur, jamais les égarés.

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