HENRI IV AUX VILLES
([iioi avait-il reconnu et salué la foi romaine ? dans quel but abaissait-il sa tête devant la vieille société? Pour consolider son ascendant, pour grouper autour de lui les villes de la ligue, pour jeter la confusion et le désordre parmi les puissances qui résistaient à sa couronne ; il écrivit donc à toutes les cités, afin de leur annoncer cette grande nouvelle: quel obstacle pouvait s'opposer encore à son autorité royale ? Henri était roi de naissance et catholique. « jN'os amés et féaux, disait-il , suivant la promesse que nous fismes à nostre advènement à ceste couronne , et la convocation par nous faicte des prélats et docteurs de nostre royaume, pour entendre à nostre instruction par nous tant désirée et tant de fois interrompue par les artifices de nos ennemis; enfin nous avons , Dieu mercy, conféré avec lesdicts prélats des points sur lesquels nous desirions estre esclaircis , et après la grâce qu'il a plu à Dieu nous faire , par l'inspiration de son Sainct-Esprit, que nous avons recherché de tous nos vœux et de tout nostre cœur pour nostre salut ; et satisfaict par les preuves que lesdicts prélats et docteurs nous ont rendues, parles escrits des apostres, des saincts-pères et docteurs reçus en l'Eglise ; recognoissant l'Église catholique , apostolique et romaine estre la vraye Église de Dieu, pleine de vérité , et laquelle ne peut errer, nous l'avons embrassée et sommes résolus d'y vivre et mourir,
294 ACTE D'OBÉJSSANCE A ROîlE (1593).
dont nous vous avons bien voulu advertir, pour vous resjouir d'une si agréable nouvelle , et confondre par nos actions les bruits que nos ennemis ont faict courir jusqu'à ceste heure, que la promesse que nous avions cy-devant faicte estoit seulement pour abuser nos bons subjects et les entretenir d'une vaine espérance, sans aucune volonté de la mettre à exécution. De quoy desirons qu'il soict rendu grâce à Dieu par processions et prières publiques *. He::nbi. »
En même temps le roi écrivait au pape son acte de soumission et d'obédience. De Rome devait venir sa force , car toute la puissance de la ligue résultait de son union avec le pontife : « Très- Sainct-Pèrc; je me suis volontiers soumis le dimanche 23° juillet ; j'ay ouy la messe et joinct mes prières à celles des autres bons catholiques, comme incorporé en ladicte Eglise, avec ferme intention de persévérer toute ma vie et de rendre l'obéissance et le respect dus à Vostre Saincteté et au saiiit-siége , ainsi qu'ont faict les roys très-chrestiens mes prédécesseurs. Et m'assurant, très-^ainct-Père , que Vostre Saincteté ressentira la joie de ceste action qui convient au lieu où il a plu à Dieu de la constituer, j'ay bien voulu ( attendant que sur ce je lui rende plus ample de-
* Mss de Béthune , n" 9114, fol. 91. 25 juillet 1593.— Voyez aussi a Lettres closes du voy , envoyées à ses cours de parlement touchant sa conversion « Paris, P. l/IIuilîi('r.