‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 170 sur 202 · ÉTAT DE L'ÉLECTION · texte numérisé non relu

ÉTAT DE L'ÉLECTION

mâles et catholiques ; 2° le parti de la sainteunion, tellement pénétré de l'alliance intime avec l'Espagne, qu'il eût tout sacrifié au protecteur du catholicisme , au prince qui d'ailleurs jetait à pleines mains les doublons pour arriver à sa grande pensée. Cette dernière intrigue éprouva plusieurs transformations. Dans l'origine , je l'ai dit déjà , le roi d'Espagne, se tenant au principe pur de l'élection , aurait voulu porter toutes les voix des Etats sur le prince Ernest d'Autriche auquel il aurait donné l'infante; et par-là sa politi- ! que restreignait le centre de l'unité européenne dans sa famille. Cette combinaison n'ayant pu réussir, Philippe II avait un moment songé à l'élection du duc de Savoie , qui , époux d'une infante , préparait à l'Espagne la même sécurité; enfin, échouant encore dans ce double projet, il se contentait de l'élection de l'infante, sous la condition d'épouser un prince français, et par condition secrète , le duc de Guise *.

* " On ne sauroit renicdier à la fiction continue du prince de Bcain que par l'éleclion d'une royanté catholique , qui à l'instant puisse couper queue à ce venin. Sa Majesté, nonobstant qu'elle se voit destombée de vos bonnes grâces, et que ne luy ayez donné aucun particulier contentement , préférant le service de Dieu à toute autre chose , dict et déclare : que moyennant que incontinent vous fassiez roy propriétaire de ceste couronne , et in solidum , comme l'on dict, la sérénissime infante sa fille Isabelle, et d'en-

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