‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 31 sur 202 · MOUVEMENT ULTRA-MUNICIPAL · texte numérisé non relu

MOUVEMENT ULTRA-MUNICIPAL

n'avaient ignoré aucune des menées du parti négociateur auprès du roi des huguenots. Ce parti avait inondé la ville de pamphlets laudateurs ; il avait salué l'hérétique du nom de Henri IV, l'avait béni quand tout souffrait par ses armes, l'avait exhalté pour quelques sacs de blé que le Béarnais montrait, par ruse, pour surpendre Paris, quand la population broutait l'herbe des rues ; n'était-ce pas l'éveil donné à la garde bourgeoise qui avait seul sauvé la grande ville de la trahison infâme ? n'y avait-il pas des traîtres , et ces traîtres , quels étaient-ils ? si ce n'est ces négociateurs tremblans, ces hommes de tous les partis , et qui sollicitaient de tous des salaires et des récompenses !

Ainsi raisonnait le peuple de Paris, les prédicateurs, les quarteniers et colonels de la garde bourgeoise ; et quand la ville eut été délivrée , après d'immenses efforts , ne dut-il pas y avoir une réaction naturelle contre ce tiers parti qu'on accusait d'avoir vendu les libertés municipales , et avec elles l'image de la Vierge , la croix du Christ et le saint révéré des confrériers ? Scnault, Bussy Leclerc , Louchard, Amelinc , Esmonnot , Auroux, Cochery, tous ces noms populaires et influens étaient dans ces convictions ardentes. Ne fallait-il pas épurer les traîtres qui voulaient livrer la ville , si l'on se décidait à donner une nouvelle énergie à l'union catolique ? Le duc de Parme avait vu la situation de ses propres yeux ;

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vainqueur, il ovait naturellcmout usé de son influence ; et comme il savait que ce qu'il y avait de plus dangereux , c'était la réunion des politiques et des royalistes avec Henri IV, il poussait les magistrats populaires à certaines mesures de répression et de terreur pour en empêcher le retour. Ace moment d'ailleurs arrivait à Paris le fils de Guise , nouvellemeut arraché de sa prison de Tours. C'était toute une légende que cette miraculeuse délivrance du pauvre captif , sautant d'une haute tour, bravant soudards et gardiens. Il arrivait à Paris sous la conduite d'un bon ligueur, et déjà l'on chantait dans les rues la chanson de la délivrance du duc de Guise, sur l'air des Fariniers. « C'estoit un jour de jeudi, environ sur le midi, qu'il s'étoit sauvé, le brave enfant; tout le monde en avoit été joyeux, criant : « Sus, sus, gens d'armes, que chacun prenne les armes ! « Et quand le Béarnais avait aj)pris cette nouvelle, il en avait été si surpris qu'il en avait perdu courage *. » L'arrivée du jeune de Guise donnait une

* " Le quinzième de ce mois d'aoust, écrit Pasqiiier, jour de l'Assomption Noslre-Danie , est advenu en ceste ville de Tours le plus admirable trait d'histoire que l'ou ail jamais vu ni lu. M. de Guise s'est sauvé. Je ne puis vous dire quelle sera la fortune de ce jeune [irincc , mais remettant devant mes yeux, la sagesse, la magnauiuiité et l'heur qui se sont trouvés dans cet acte, je ne puis rien promettre

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