‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 7 sur 202 · MORT DE CHARLES X · texte numérisé non relu

MORT DE CHARLES X

assiéger la ville de Paris, capitale de la sainclcuiiion. Dans cet intervalle si rempli d'évcnemens, le vieux Charles X avait succombé auv douleurs de la pierre; captif de Henri de Béarn son neveu, il avait été traité avec dureté, comme pour lui faire expier la couronne d'or qui pesait sur ses cheveux blancs *. La mort de Charles était prévue, mais elle soulevait la plus grave question de succession. Philippe II allait-il subir un nouveau roi ou réveillerait-il les droits de l'iniante , que déjà son ambà.ssadeur avait secrètement invoqués?

* Le cardinal de Vendôme écrivait au duc de Nevers , le 16 niiù 1Ô90 : « Monsieur, je crois quevous aurez, entendu la perte que nous avons faicte de feu Monsieur, qu'il a plu à Dieu appeler a soy après avoir esté fort travaillé de la pierre , qui lui a donné une rétention et inflanimalion d'urine , et faict jeter le sang qui luy a apporté une fièvre continue, et enfin la mort, qui est une des plus grandes afflictions que j'eusse pu recevoir: en laquelle d'autant que vous y participez , je n'ai voulu faillir vous en advertir pourme condouloir avec vous ettascher par ce moyen é modérer notre commune douleur. J'ai aussitost despesché vers le roy pour me permettre de faire venir à Fonlrevrault ou en ceste ville le corps, attendant la commodité de le faire dignement porter à la Chartreuse de Gaillun où il a esiu sa sépulture , et son cœur à Rouen. Vous suppliant, Monsieur, de croire que tant que Dieu me donnera le moyen , je n'oublierai ni espargnerai rien de ce que je dois à l'hoiineur de sa mémoire , pour ne me rendre seulement successeur des charges qu'il m'avait résignées en l'Église,

12 DErECnE SUR Ll :\I0IIT DE CHAULES X (1590).

Une dôpèohe de Don Bernardino Mcndora donna l'avis à San-Lorenzo de la mort de Charles X. « Au moment ou je songeais à faire cognoistre à Yostre Majesté les événcinens qui ont eu lieu , j'ai vu arriver à mon hostel mesdames de Montpcnsier, de Mayenne et le président Ncuilly, pour me monstrer une lettre que des soldats de garde dans le bols de Vincennes ont saisie sur un geutilhonune qui estoit expédié au Béarnois. Geste lettre ctoit escrite par le capitaine Lagucule, qui estoit de serviee auprès du roy (cardinal de Bourbon ); son contenu apprenoit au prince de Béarn la mort du cardinal , laquelle avoit eu lieu à Fontenay, le 9 mai à neuf heures du matin. Il avoit esté assisté de cinq médecins qui l'avoient fait ouvrir le jour suivant pour constater les causes des trois attaques qu'il avoit esprouvées depuis six mois. Geste lettre, toute fraische en date, ce gentilhomme envoyé exprès pour porter la nouvelle, font croire que le Béarnois ne l'aura point reçue encore par d'autre voye, mais qu'il en sera instruit. Bien que l'âge du cardinal de Bourbon fust de soixante-huit ans , encore peut-on soupçonner que les tracasseries suscitées par le prince de Béarn ont hasté le moment de ccste

mais aussi héritier de ses sainctes intentions et de l'afiection que je sçais qu'il ^ous {>oitoit. » — 3îss. deJîesnies, luliiulé . Mémoires de la ligue, tom. VI, col. **^'"/^.

Page 1