‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 151 sur 185 · ÉDITS CONTRE LES CALVINIST · texte numérisé non relu

ÉDITS CONTRE LES CALVINIST

l'esprit réformateur s'empreignait ici du caractère commun de la doctrine de Zwiiigle et de Calvin : le luthéranisme ne servit que d'introduction pour arriver à cette réforme plus austère. Au milieu de la société si dissolue du règne de François P', de cette cour de dames , d'amour et de folâtrerie ; tandis que Tl glise n'était que corruption et bombance , pour me servir de l'expression de Rabelais, des hommes apparaissaient et disaient au\ simples : « Ces pompes des autels, ces richesses qui vous sont arrachées pour engraisser des clercs paresseux, ces cérémonies mystérieuses auxquelles votre intelligence ne peut atteindre, tout cela est vanité et superstitions; ce que nous vous annonçons , c'est la vérité de l'Evangile, la loi du Christ , qui seule n'est pas d'invention humaine. » Si de telles prédications irritaient les multitudes dans leur ferveur catholique, elles trouvaient des échos parmi les clercs, les nobles et quelques bourgeois. Il n'y avait pas, en France, ce vaste mouvement qui traversa la séparation des luthériens et des catholiques en Allemagne ; aucune cause politique n'appuyait une révolution religieuse; mais la situation de la réforme n'était pas moins en progrès. Elle agissait par un prosélytisme secret. Tous les édits de François P"" contre l'hérésie commencent par ces mots qui témoignent de l'étendue et de la nudlipliclté des disciples de la nouvelle foi : « Nous , qui

OriNIONS HÉRÉTIQUES (1537—1545). 295

désirons grandement l'extirpation et l'extcrmination des malheureuses, perverses et pestiférés doctrines et seetes qui lentement ont pullulé dans notre dit royaume *. » Or , cette hérésie qui pullulait n'avait pas encore pris un caractère fixe et positif avant la prédication de Calvin. En parcourant les registres de la Faculté de théologie de Paris, espèce de tribunal mixte institué pour juger et flétrir l'hérésie, on voit parles condamnations répétées, mille opinions diverses surgir , se manifester de tous les cotés avec énergie et envelopper le catholicisme comme d'un réseau. « Il ne faut rien recevoir pour les sépultures, à ce dernier terme de la vie , s'écrie le docteur Jean Gillain en s'adressant au clergé qui frappait une sorte d'impôt sur les cercueils; la contrition seule suffit pour sauver le pécheur **. » Les œuvres ne sont rien; et par conséquent il n'est pas de purgatoire , ajoute le moine augustin Jean Barentlîon ; vous ne pouvez appeler Marie reine du ciel , ni iavoquer les saints ; n'adorez pas les images, répètent d'autres religieux *** ; qu'est-ce que le canon de la messe ?» Dans un écrit intitulé Détenninadon de la Faculté théologique de Paris, il est dit : « Les catholiques, trompés par le pape,

* Collect. de Fontation, tom. iv. — Reg. du parlement , 23 juillet 1..43.

*' Ex regist. Faculla/. theolog. fol. 167.

*** D'Argest. Collert.jiidii. de »ov. errons, tom I.pnf;. ÎO.

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