‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 160 sur 185 · Z\2 L'ÉGLISE ANGLICANE · texte numérisé non relu

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elles avaient conservé l'unité religieuse et nationale; puis, la mêlant à la politique, la couronne s'était adjugé le pouvoir le plus absolu qu'on puisse créer sur la terre. Henri VIII l'avait exercé dans toute sa plénitude de persécution. Tout ce qui sortait de son Eglise il le poursuivait avec la même haine et le même acharnement. Quand il eut constitué la hiérarchie , changé le principe de l'obéissance, il voulut que tout se mit en rapport avec son idée fondamentale. Il y eut des formules de culte , des actes de foi à souscrire plus impératifs qne les vieilles croyances du catholicisme *.

Toute la théorie de Henri VIII se résuma en ces paroles : « Les choses spirituelles, telles que les sacremens, étant accordées par Dieu , ne dépendent d'aucun chef mondain ni temporel, mais seulement du Christ. Quant à la personne des prêtres , leurs lois , leur actes , d'autant que ce sont toutes choses temporelles et relatives à la vie présente , nous sommes en ces choses , comme y étant appelé , le véritable chef en ce royaume , et il n'existe aucun homme au-dessus de nous **. »

Ayant ainsi posé les limites et confié le vicariat del'Eglise à un laïc (sir Th. Cromwell), la pensée de Henri fut de faire gronder son pouvoir sur la

* BuKNET, ^/«Z. de la Réforme de l'Église d'Angleterre, tom. III, pag. 351.

** 11 se proclame siipremnn raput. Wilk. con. m, pag. 764.

THÉOLOGIE DE HENRI VIIl (1530—1545). 313

tète de son clergé tremblant , mais divisé en deux pjTandes catégories, l'une voulant marchera la réforme luthérienne , l'autre espérant se maintenir en h\ foi catholique. Henri VIII n'aimait pas les hautes réformes d'Allemagne ; ses études scolastiques répugnaient aux nouveautés de Luther, à la philosophie plus large de la renaissance; il était l'homme encore de son pamphlet pour le maintien des sacremens et des thèses de saint Thomas d'Aquin. Mélanchton avait inutilement tenté de l'entraîner aux idées de l'école germanique : une de ses lettres les plus polies , les plus insinuantes, reste encore pour témoigner de son prosélytisme éclairé. Les luthériens députèrent même quelques uns de leurs fervens théologiens pour disputer les questions de foi avec Henri VIII , qui se proclamait le plus érudit des scolastiques * : les tentatives échouèrent ; et le roi d'Angleterre, sans permettre la moindre observation , posa une formule générale et impérieuse de croyances. Tandis que l'on brûlait les châsses des saints, leurs précieuses reliques, les croix et les images, et que les cendres de saint Thomas de Cantorbery étaient dispersées aux quatre vents, pour le crime de haute trahison appliqué à un cadavre sous la pourriture de deux siècles, Henri VIII faisait proclamer par un bill solennel la présence réelle du Christ dans

' Epist. iHÉLv:scHT. totn. ii.

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