DF.I\?11F.RS OUVRAGES DE LUTUKR
vert qu'il se rendit auprès du landj^rave , l'un des chefs du parti protestant, que l'empereur voulait entraîner à une déinarehe envers le pape pour sauver lunite allemande *.
Luther s'eftaeait du uiondc ; le fougueuv réformateur avait marqué la dernière année do sa vie par un esprit plus tenaee, plus hautain peutêtre. Sa polémique avait pris je ne sais quoi d'acre et de méprisant; la pressante logique qui souvent avait présidé à ses larges ouvrages de théologie , avait tout-à-fait disparu. Ce n'était plus qu'insultes , outrages de mauvais goût, soit qu'il s'adressât aux catholiques purs , soit qu'il attaquât la réforme dissidente, lessacramentaires partieulièrement. Dans le dernier livre qu'il dirigea contre la papauté , Luther dessina de sa propre main la ligure du souverain pontife, revêtu de ses habits de pompe, et a^ec deux énormes oreilles d'âne. Autour de lui sont rangés, dans un ordre qui se rapproche beaucoup du conclave, ditférentes figures de démons , tous affublés de mitres, et offrant au pape les divers attributs de son pouvoir, tandis ([ue d'autres l'entraînent en enfer avec des cordes noueuses **. La Faculté théologi-
' Slïidk.n , liv. xMi , p.ig. 575.
'* Ces caricatures sont l'rcquentes aux époques de la rèformation. Quieoiu[ue a visité l'Allemap.ne a pu voir le \ieux tableau où CoclilelT est reprcseulé sur un âne la lête touruée vers la queue.