DIVISION DE PARIS
municipale s'adaptait parfaitement à tout projet populaire. Les tentatives de centralisation essayées par Louis XI avaient eu pour résultat de fortifier l'autorité du prévôt , otlicier désigné par le roi ; mais les magistrats de ville restaient encore à l'élection du peuple et des confréries bourgeoises , des corporations et des métiers : tels étaient les prévôts des marchands, les quarteniers chefs de quartiers au nombre de seixe , les colonels ou centeniers, les officiers de la garde bourgeoise et du guet , désignés sous le nom de dixainiers ; tous avaient un grand crédit sur la multitude qui se réunissait dans ses parloirs ou assemblées de prévôté.
L'autorité des magistrats de Paris s'exerçait sans contrôle ; ils convoquaient les bourgeois , rassemblaient la garde de la ville; ils fermaient ou ouvraient les portes à volonté , dressaient les chaînes , et quand au son du tambour ou de la trompette on lisait un ordre de raessires les cchevins, il n'était homme, manant ou habitant, qui ne se hâtât d'accorder obéissance. L'esprit tout catholique de Paris l'avait jeté dans la ligue ; et quand les agens du duc de Guise se présentèrent pour obtenir signature à la sainte-union, toutes les confréries , tous -les corps de métiers s'étaient empressés d'adhérer à la belle pancarte où l'on se liguait pour la sainte foi du pape et de la messe.
LA LIGUE A PAllIS (1585). 213
L'organisation de la ligue était merveilleusement adapté à l'esprit du système municipal Le conseiller d'Etat de Lezeau , bon ligueur , qui nous a laissé de si précieux détails sur le mouvement populaire de Paris, s'exprime ainsi sur l'union : » Les premiers qui travaillèrent à cette grande afiaire de la ligue furent les sieurs de Rochibond, bourgeois de Paris, homme très-vertueux et de bonne et ancienne famille ; Jean Prévost , curé de Sainct-Severin ; Jean-Boucher, curé de Sainct-Benoist ; et Mathieu de Launoy , chanoine de Soissons. Puis adjustèrent à leurs confédérations et assemblées plusieurs autres entres lesquels ils en choisirent seize qu'ils ordonnèrent et distribuèrent dans les seize quartiers de Paris, et pour ce depuis, les plus zélés et affectionnés au parti furent appelés les seize, pour veiller au bien , advancement d'iceluy, et attirer à eux ceux qu'ils croyoient en être capables ; se donnant bien de garde de s'ouvrir ni communiquer pe dessein avec homme vivant , que premièrement le conseil n'eust examiné la vie , les mœurs et la bonne renommée de celuy à qui l'on avoit à parler , comme n'estant raisonnable de commettre la cognoissance de cette saincte cause qu'entre les mains des gens de bien , sans reproches , fidèles et trés-affectionnés. Les noms de ces premiers seize cstoient : La Bruyère, lieutenant particulier au Chastelet ;