FORCES DE LA LIGUE
Michel, procureurs; les clercs du greffe de la cour, par Senault ; les huissiers , par Le Leu , huissier en ladicle cour , voisin de Louchart ; la cour desaydes, par le président de Nully; les clercs, par Choulier, voisin du Clerc ; les généraux des monnoyes, par Rolland. Les commissaires ont aussi pratiqué la plus grande part des sergens à cheval et à verge , comme aussi la plupart des voisins et habitans de leur quartier sur lesquels ils avaient quelque puissance. Le lieutenant particulier La Bruyère avoit charge de pratiquer ce qu'il pourroit des conseillers du siège du Chastelet; comme aussi Crucé qui a pratiqué la plupart des procureurs et une grande partie de l'Université de Paris Debart et Michelet ont aussi pratiqué tous les mariniers et garçons de rivière du costé de deçà qui font nombre de plus de cinq cents, tous mauvais garçons. Toussaint Poccart , potier d'étain , avec un nommé Gilbert , charcutier, ont pratiqué tous les bouchers et charcutiers de la ville et fauxbourgs qui font nombre de plus de loOO honmies. Louchart, commissaire, a pratiqué tous les marchands et courtiers de chevaux qui montent à plus de six cents hommes, à tous lesquels l'ont faisoit entendre que les huguenots vouloient couper la gorge aux catholiques et faire venir le roy de Navarre à la couronne, ce qu'il cstoit besoin d'cmpescher, et s'ils n'avoient des armes que l'on leur en fourniroit. Ce qu'ils
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avolcnt tous juré et promisse tenir prests quanti l'occasion se présentcroit *. »
Au reste, les projets avoués de la ligue étaient de nature à obtenir une grande popularité dans les villes et parmi les municipalités : ses manifestes , si souvent jetés dans la multitude , résumaient les vieux griefs des Etats-Généraux et en demandaient la réparation ; on montrait les dangers qu'éprouverait la religion catholique , si un hérétique parvenait au trône de France : « Chacun voit à l'œil , disaient les ligueurs , les desportemens et actions d'aucuns qui , s'étant glissés en l'amitié du roy, se sont comme saisis de son auctorité pour se maintenir en la grandeur qu'ils ont usurpée, et ont eu la hardiesse d'éloigner de Sa Majesté non seulement les princes et la noblesse , mais tout ce (ju'il y a de plus proche. Il n'y a plus personne qui ait part en la conduite et administration de l'Estat, ni qui exerce entièrement sa charge , et l'on a forcé plusieurs gouverneurs de provinces, capitaines de places fortes, et autres olliciers, de quitter et remettre leur charge , contre leur gré et volonté. Ils ont tiré à eux tout l'or et l'argent des coffres, et les plus
* 0 Le procôs-verbal du nommé Nicolas Poulain, lieutenant de la prevosté de risle-dc-Francc, qui contient l'iiistoirc de la lijjue , depuis le 2 janvier 1585, jusnucs an jour des barricades , eschues le 12 may 1588. "