‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 89 sur 234 · MANIFESTE DU ROI DE NWARRE · texte numérisé non relu

MANIFESTE DU ROI DE NWARRE

traint de chercher des remèdes extérieurs, protestant devant Dieu et ses anges que c'est à mon très-grand regret , et que mon intention n'est point d'attenter contre la personne du roy que nous recognoissons pour notre souverain seigneur, ni contre son Etat et sa couronne. Ce n'est ni pour m'enrichir ni pour augmenter mes moyens , chacun sçait assez combien je suis éloigné de ce but; ce n'est que pour notre défense et pour nous garantir et deslivrer de l'oppression de ceux qui, sous l'autorité du roy et le manteau de la justice, tâchent de nous exterminer ; contre ceux-là nous portons les armes, non contre les catholiques paisibles que nous embrassons sans aucune passion ni distinction quelconque et auxquels nous n'entendons empescher l'exercice de leur religion. Nous voulons une vraie et entière paix et revoir cet Estât en son ancienne splendeur, et nous sommes résolus d'employer vies et moyens pour une si saincte cause *. »

La guerre fut prompte et violente dans la Languedoc et le Dauphiné ** où les protestans les

* Mss. de Baluze , vol. in- fol. cot. 238 , fol. 108.

'* La guerre du Dauphiné était confiée au duc de Jlayenne. — 26 juillet 1 58 1 . Promesse de M. le duc de Mayenne, lieutenant-général du roi en son armée du Dauph'né , d'exécuter de bonne foi l'édit de pacification et déclaration faite sur icclui. — Mss. de Baluze, vol. in-fol. cot. 238, fol. 164.

TR\?iS\CTIO?fS (1580). 143

premiers prirent les armes. Il y avait eu un synode à MontauLan * , pour préparer cette levée de guerre qu'on voulait faire tourner au profit de la plus large liberté religieuse. La reine mère , le duc d'Anjou, le maréchal Damville, toute l'opinion modérée intervint encore une fois , et la paix fut conclue au moins entre les hautes têtes, car les partis demeurèrent vivans** ; ils s'organisaient en dehors, sauf ensuite à entraîner les chefs dans leurs résolutions, ou à les secouer s'ils hésitaient à prendre une couleur forte et prononcée, pour les conduire aux champs des batailles.

• Procès-verbal de l'assemblée de ceux de la religion prétendue réformée, convoquée par le roy de Navarre en la ville de Montauban. « Mss. de Colbert, vol. xxix , reg. en parchem. (30 avril 1581.)

*' Henri III écrivait au prince de Condé : «Mon cousin, je vous prie de tenir la main que les articles accordés pour l'assoupissement des troubles de mon royaume soient reçus et embrassés par tous mes subjects de la religion prétendue réformée comme chose (jui leur sera très-utile et m'apportera très-grand contentement. » Mss. de Colbert, vol. xxix, reg. parch.

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