PREFACE
«Serait- IL possible de comprendre l'his- « toire des cités libres de l'Italie en un seul « volume ? » Telle fut la demande qui me fut adressée par le docteur Lardner, savant éditeur de la Cyclopédie historique, qui paraît à Londres. Elle a donné naissance à cet ouvrage. Il était flatteur pour moi d'être associé dans un grand travail historique avec les plus illustres écrivains de l'Angleterre ; mais je mettais plus de prix encore, au moment où les droits des nations sont pesés de nouveau dans la balance de l'opinion publique, au moment où la diplomatie et la guerre ont été tour à tour invoquées pour rendre ou enlever aux peuples la faculté de marcher vers le perfectionnement sous leurs propres lois; je mettais plus de prix, dis-je, à présenter aux deux puissantes nations qui se font gloire de n'avoir pas de maîtres , à la France et à l'Angleterre , les droits que peut faire valoir la malheureuse Italie, pour jouir d'uîie 1. ■ a
ij PRÉFACE.
même liberté. Je trouvais ainsi l'occasion de retracer en même temps , dans les deux langues des hommes libres, le souvenir de ce que l'Italie a fait la première pour obtenir le plus précieux des biens , de l'exemple qu'elle a donné aux autres, de l'impulsion que toutes les autres n'ont fait que suivre, et en même temps le souvenir des crimes de ses oppresseurs, qui lui ont ravi les avantages dont elle a doté le reste du genre humain. Il me sembla que plus le récit du réveil de l'Italie, de sa lutte glorieuse et de ses malheurs serait rapide , plus il ferait d'impression , plus il me permettrait de saisir dans l'histoire de la liberté italienne l'unité d'intérêt qui échappe dans la vie simultanée de cent Etats indépendans. Une longue étude m'avait déjà familiarisé avec tous les détails de cette histoire; et, après l'avoir exposée en seize volumes , je ne sentais plus cet attrait de nouveauté pour de petits faits , qui séduit souvent les auteurs, et qui leur fait croire que chaque notion qu'ils ont acquise par un grand travail doit avoir un prix proportionné pour le lecteur. Je pouvais sans regret sacrifier