‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 29 sur 230 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

à son fils la filledu comte GuidoNovelIo, son frère épouse une Ubaldino, et Cavalcante de Gavalcanti marie son flis, célèbre par son laTenl littéraire, à la Allé de Farinalà des Uberti ; d'autres mariages moins illustres se concluent aussi ; mais ces heureuses unions éveillent rinquiétude guelfe. La paix dure peu, les Guelfes rentrés à Florence et forts do la victoire du roi Charles, députent secrètement en Fouille vers ce prince, pour lui demander des troupes et un chef. Le roi leur envoie le comte Guido de Monforte avec huit cents cavaliers français qui arrivent à Florence le jour de Pâquesl267 ; mais déjà la nuit précédente les Gibelins étaient sortis de la ville sans tirer l’épée pour se retirer à Sienne, à Pise et dans d'autres châteaux. Le jour de Pâques était le même jour où ils avaient jadis tué Buondelmonte, en commençant la longue lutte des partis. Les Florentins donnent la seigneurie de la terreau roi Charles pour dix ans, et lui envoient cette nomination par une ambassade, comme offerte librement. Le roi répondit qu’il voulait le cœur et la bonne volonté des Florentins et nulle autre juridiction; il accepta pourtant à la prière de la commune, et depuis il envoya chaque année ses vicaires ou podesla (1).

Le premier arrive, et on nomme douze bons hommes pour gouverner l’Ëtat, comme faisaient autrefois les anciens, en rétablissant ainsi tout-à-fait le gouvernement populaire : on forme un autre conseil des cent bons hommes du peuple, sans lequel nulle dépense ni nulle grande chose ne se pouvait faire ; de ce conseil on allait débattre au conseil des capitaines des arts majeurs et â celui de la credenza (confiance) qui faisaient quatre-vingts membres, tous plébéiens et guelfes. La même affaire était portée le jour suivant au conseil de la podesla , composé de huit nobles et plébéiens et des capitaines des arts ; l’affaire enfin se décidait au conseil général de trois cents hommes de toutes conditions, appelés les conseillers opportuns, où se donnaient les châteaux et les dignités, les charges grandes et petites.

L'argent de la commune fut confié aux religieux de

(1^ fVicordaoo Maleipiiii, c.ip. 105.— G. Villani, lib. Vit, cap. IS.

LIVBE III.

l'abbaye de Settimo et à ceux d’O^i-Santi, de six mois en six mois (1).

Comme les Guelfes étaient embarrassés sur ce qu’ils feraient des biens des fugitifs, le pape Urbain et le roi Charles décidèrent qu’il serait fait trois parts des biens des Gibelins, une pour la commune, une pour les Guelfes qui avaient été exilés, la troisième fut remise au parti guelfe pour un certain temps et lui composa un fonds pour tous ses besoins ; aide qui fit dire au cardinal Octave des Ubaldinique.les Gibelins ne rentreraient jamais à Florence. Une chose non moins importante que de donner des fonds au parti fut de l’organiser en une sorte de magistrature qui, plus tard, deviendra formidable, non seulement à la plèbe, mais aux Guelfes eux-mémes, et qui formera comme un corps dans l'Ëtat. Ce fut par l’avis du pape cl du roi Charles (car malgré leur fierté républicaine, les Florentins faisaient toujours intervenir une autorité dans leurs affaires) qu’on créa trois capitaines du parti nommés tous les deux mois; leur conseil secret était composé de quatorze membres, et le plus grand conseil de soixante nobles et plébéiens, qui nommaient au scrutin les capitaines du parti et les autres officiers. On créa enfin trois nobles et trois plébéiens prieurs du parti, qui furent gardiensdela monnaie, dépositaires du sceau, et syndics accusateurs des Gibelins. Organisation forte et unique d’un parti politique !

Les Gibelins les plus illustres et les chefs, réfugiés dans le cliâleau de San Ilario,d’où ils continuaient la guerre, sont vaincus par les Florentins et le maréchal du roi Char* les avec sa cavalerie françai-se ; ils étaient huit cents hommes; tous furent pris ou tués, et entre eux les Uberti, Fifanti et beaucoup de familles du peuple, revers accablant pour les Gibelins ! Un jeune Uberti, monté sur un clocher, se précipita d’en haut plutôt que de tomber dans les mains des Biiondelraonti ses ennemis, victime de la bravoure et de la haine départies à sa maison.

Les autres prisonniers considérables furent ramenés à

(i) Ricordano Bltlespiai, cap. 186. — G. VUlani, cap. 18, lib. VII.

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