‹ Histoire de la République de FlorenceChapitre 7 sur 230 · FLORENCE SB DIVISE EN GUELFES ET GIBELINS · texte numérisé non relu

FLORENCE SB DIVISE EN GUELFES ET GIBELINS

Le.s Florentins avaient pris peu de part aux luttes des Guelfes et des Gibelins, qui divisaient l’Italie entre le parti de l’Eglise et celui de l’Empire, quand une querelle de famille vint tout à coup les partager eux-mêmes en Guelfes et Gibelins : Gherardo Orlandi était podesta, lorsqu’un Biiondelmonte de la famille noble dos Buondelmonli, cavalier aimable et beau , promit d’épouser une fille des Amidei (1215). Un jour qu’il se promenait à cheval par la ville, une femme de la maison des Donati, Aldruda, l’appelle, descend aussitôt, suivie de sa fille, l’aborde, et lui fait compliment sur son mariage, en le blâmant d’épouser une Amidei, qui n’était ni belle ni faite pour lui. Elle ajoute : — Je vous avais gardé ma fille ; et, comme la porte était restée ouverte, elle la lui montre; la fille était d’une beauté rare; Buondelmonte s'enflamme pour elle, et .sans songer aux Amidei, à la foi jurée, à l’injure qu’il allait faire, ni aux périls où il se jetait: — Puisque vous me l’aviez gardée, dit-il à la mère, je serais un ingrat de la refuser. — Et bientôt il l’épouse. Les Amidei outragés crient vengeance; les Uberti, leurs parens, partagent leur ressentiment; ils jugent, avec beaucoup d’autres de leurs parens, qu’une pareille injure ne peut se supporter sans honte, ni se venger que par la mort de Buondelmonte. Quelquesuns opposent le danger d’un parti si violent, Moscha de Lamberti répond : — Qui pense û tant de choses n’en conclut jamais aucune. — Et il ajoute la fameuse sentence qui décida ces luttes :cosa fatta capo ha, ce qui voulait dire qu’il fallait commencer. Le jour de Pâques, les mécontens se réunissent dans la maison des Amidei, à Santo Stefano; Buondelmonte, galamment vêtu de blanc sur un cheval

blanc, parait de l’autre côté de l’Arno; ils le rejoignent quand il avait passé le pont vieux, et là, au pied de la statue (ie Mars, ancien protecteur de Florence païenne, Buondelmonle est renversé de son cheval par Schiatli des Uberli, par Moscha de Lamberti, ][)ar Amidei, assailli et blessé; on lui coupe les veines. Florence en rumeur court aux armes ; les six quartiers delà ville se divisent en deux partis : les Guelfes suivent les Buondelmonti.les Gibelins les Uberti. Villani attribue en partie ces malheurs à cette idole de Mars au pied de laquelle tomba Buondelmonle ; des trêves interrompent les luttes sans les terminer, et la ville, qui n’était pas encore pavée (1), se transforme en une sorte de camp avec tours et forteresses.

L’empereur Frédéric II, qui soutenait partout les Gibelins cl qui enflammait les luttes en Italie, excite les Uberti; et la commune, souvent en guerre aussi avec Pise et Sienne, s’abandonne à la guerre civile. La plèbe se divise dans les deux partis; les Gibelins se réunissaient au palais des Uberti, et des combats se livraient dans tous les quartiers de la ville; on élevait barricades contre barricades. Un roi d’Antioche, fils naturel de l’empereur Frédéric, promet sa cavalerie pour appuyer les Gibelins; alors les Guelfes, après des combats héroïques, quittent Florence sans l’attendre, pour former la ligue guelfe; les familles nobles se retirent dans les châteaux, et les familles plébéiennes à la campagne ou chez leurs amis (1248).

Les Gibelins, restés maîtres de la république, par la force et avec la cavalerie allemande, la gouvernent à leur guise; ils détruisent trente-six palais, forteresses et tours ; alors tomba la première et noble forteresse des Tosinghi sur le vieux marché, appelée palais; elle était haute de quatre-vingt-dix bras, et ornée de petites colonnes de marbre.

Et remarquons que depuis que Florence était bâtie, on n’y avait encore renversé aucune maison ; ici les Gibelins commencèrent la fatale coutume de les détruire (1249).

(I) Cronica di Paolino (li Piero. — Ricordano Maleapini, cap. 104. — G. Villani, Sib. V, cap. 37. ÜîDoConip£goiGronica,Iib. I. — Michiavelli, ib. II,

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