CHAPITRE V
lice en y inlroduisanl deux réformes : la première pour adoucir la responsabilité des parens d'un coupable noble, la seconde pour ranger dans le peuple quelques grands peu redoutés.
Ici arrêtons-nous un moment sur ces faits qu’on ne retrouve nulle part : voici un peuple vainqueur de sa noblesse qui accorde comme une faveur à quelques familles nobles de les ranger dans le peuple; voici des familles nobles qui acceptent cet arrangement comme un bienfait civil. Ici un triomphe de la plèbe sans égal, ici Florence paraît dans son caractère extraordinaire et particulier.
On rangea parmi les plébéiens les Rossi, quatre Manelli, plusieurs des Nerli, tous les Amieri, quelques Tosa, plusieurs autres maisons en partie ou entières, dans la ville et dans la campagne; en tout cinq cents nobles rendus plébéiens! Mais quelques grands qui avaient aidé le peuple à s’emparer du pouvoir ne furent pas acceptés, tant par crainte que par ingratitude. Les grands devenus plébéiens ne purent cependantôtre admis ni au priorat, niau conseil des douze, ni au gonfalonierat des compagnies avant cinq ans : ils pouvaient avoir toute autre charge; mais si aucun d'eux, dans l’espace de dix ans, tuait ou blessait grièvement aucun plébéien ou injuriait ses possessions, il devait être, après un conseil du peuple, replacé à jamais entre les grands (1). Bien des maisons de plébéiens, ajoute l'historien contemporain, étaient plus dignes d'étre rejetées entre les grands que la plus nombreuse partie des grands, si la justice eût été égale pour tous.
Au prochain scrutin les Prieurs, les douze, et lesgonfaloniers se trouvèrent pour le plus grand nombre de petits artisans, ce qui réjouit le peuple et lui ôta toute crainte.
En un peu plus d'un an la ville avait vu quatre sortes do gouvernement : celui du peuple riche dont les troubles avaient amené celui du duc d'Athènes; celui des nobles et plébéiens pour un moment; et enfin celui des artisans et du bas peuple qui vient de s'établir pour assez longtemps.
(i) G. VilUni, cap. 33, Ub. Xli.
, L’exil de plusieurs grands suivit bientôt, plusieurs fu-
ren remis au nombre des bannis, car les livres avaîentélé brûlés, et il fallait rétablir les proscriptions (1344). On euleva à quelques seigneurs des biens qui leur avaient été donnés autrefois par le peuple pour des services piiblics la sévérité et l’iniralüé contre l’aristocratie augmentèrènl chaque jour sous la domination croissante dû baspènpl qui régnait parles capitaines des vingt et un arts rélait
éta eut étrangers, ce qu on reforma bientôt), « nous étions gmivernés par les grands, dit Villani, mais nous le somines plus mal par les plébéiens (1) » Et Machiavel dit:
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* qu elle n osa jamais reprendre les armés S 1 ‘««jours au contraire des ina-
»n 7i-f aP M Z P o»e finit par tomber (jans
un état d abjection; ce qui fut cause que Florence perdit
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ment d élévation et de grandeur (2). »