SAXE ET POLOGNE : OBJECTIONS ANGLO-AUTRICHIENNES. 5S
fautes par des services ultérieui^s. La présente déclaration devait cependant être regardée comme non avenue , dans le cas où le sacrifice de la Saxe aurait pour objet de décider la Prusse à accepter des positions sans défense du côté de la Russie, vis-à-vis de laquelle eUe serait dans un état de dépendance. »
Par une note verbale du 14 octobre 1814, lord Castlereagh justifiait la mesure proposée contre le roi de Saxe : « Quel moyen y auraitril d'indemniser les alliés pour les risques courus et les pertes éprouvées , disait-il , si ces indemnités n'étaient pas données aux dépens des puissances naguère agrandies à cause de leur zèle pour l'ennemi commun? Si la Russie doit être indemnisée aux dépens d'un allié qui a rendu tant de services, pourquoi la Prusse ne le serait-elle pas aux dépens d'un ennemi ? »
On voit percer dans ces deux notes la jalousie de l'Angleterre, qui , rassurée du côté de la France par la chute de Napoléon , commence à appréhender la Russie. Lord Castlereagh consent à ce que la Saxe agrandisse la Prusse , mais à condition que celle-ci ne transigera pas sur la frontière militaire qui lui est nécessaire pour rester indépendante du cabinet de Saint- Pétersbourg, la ligne de la Wartha. Il rappelle avec quelque amertume que les indemnités auxquelles prétend la Russie sont la dépouille d'un allié. La politique anglaise de l'avenir semble déjà se dégager de la politique du présent.
M. de Metternich, qui suspendit sa réponse jusqu'au 22 octobre, alléguait de son côté que, môme en faisant abstraction des liens de famille existant entre les maisons d'Autriche et de Saxe , tempereur verrait avec peine l'annexion en entier des États saxons à la monarchie prussienne, dont il désirait cependant l'agrandissement , parce que cette annexion deviendrait une source éternelle de défiances et de rivalités entre les deux grandes puissances allemandes ainsi rapprochées. Si la force des choses exigeait le sacrifice des États du roi de Saxe,