I. Mémoires d'outre- tombe, tome Vil, [iag>>3i
RETOIH DE L’iME d’ELBE.
Louvre dans un état de défense convenable ; tel, en un mot, qu’il exige l’établissement d’une batterie de brèche. Il faut placer dans le chêteau des vivres pour deux mois, et s’y enfermer avec trois mille hommes. La maison du Roi, sans instruction pour le service de campagne, sera excellente pour cet objet. Elle est composée de gens de cœur, et chacun briguera l’honneur d’être associé à cette défense ; munis de vivres, on ne serait pas obligé, au bout de huit jours, de se rendre à discrétion. Il faut que le Roi s’enferme dans cette espèce de forteresse avec tout ce qui constitue la majesté du gouvernement, avec les ministres, les Chambres, mais qu’il y soit seul de sa famille. Une résolution si magnanime réagirait sur les troupes de la manière la plus puissante.... Voyez quel est l’état de l’opinion dans les trois quarts de la France ? Les départements de l’Est exceptés, et sauf quelques mécontents épars, partout elle nous est favorable. Les masses dans l’Ouest, en Normandie, en Picardie, en Flandre, vous sont toutes dévouées. Les gardes nationales sont à vous. Donnez-leur le temps de se lever, il ne leur faudra pas deux mois pour venir
vous délivrer Je réclame l’honneur de m’enfermer avec
vous, soit comme chef, soit comme soldat'. »
C.e plan, par ce qu’il avait de grandiose, plaisait à Louis XVIII, jusqu’au cœur duquel la frayeur n’avait jamais pénétré. Il trouvait que c’était se maintenir ou finir en digne petit-fils de Louis XIVI. 2. 11 disait encore daus son conseil le 18 mars: « Je resterai aux Tuileries, je veux voir en face l’homme qui prétend s’asseoir sur mou tréne. Je compte toujours sur mon peuple après l’accueil que j’en ai reçu. »
Malheureusement le plan du duc de Raguse n’était pas plus ipie les autres à l’abri de la critique, et il ne réunit point la