LIVRE II.— PROJET
a comme le meilleur Anglais et le meilleur protestant de a la nation; et tous ceux qui désirent yoir TÂngleterre a heureuse mettraient^ je Tespère^ de côté toute autre a pensée que de le rétablir sur son trône^ ce qui termi- 0 nerait bientôt tous les différends ^ »
Signalées et combattues par la vigilance de Hyde^ les menées des partisans du duc d'York n'eurent d'autre effet que d'établir^ dès cette époque^ entre les deux frères^ une distinction profonde^ d'attacher à Charles 11^ malgré leurs doutes^ la masse des royalistes anglais^ et d'exciter leur zèle en faveur de ce prince, seule garantie de l'intérêt national et protestant. Ils hésitaient cependant beaucoup à se soulever et à tenter de nouveau, contre la république, le sort des armes : c< Les hommes les a plus sages, » écrivait-on à Hyde % « sont très-réservés a dans leur jugement sur ce qui convient le mieux aux a intérêts du roi. Si son parti peut faire une manifesta- « tion sérieuse, on espère que nos ennemis se dispute- « ront à qui fera le premier sa paix; si le mouvement « est faible, on craint qu'il ne serve qu'à les rallier a entre eux; si nous restons immobiles, on imagine a qu'ils se ruineront eux-mêmes par leurs discordes. » Hais ces discordes de plus en plus vives et apparentes, Içs séditions qui grondaient dans les régiments même tenus en garnison à Londres comme les plus sûrs, les promesses de service des officiers disgraciés, en-
1 Clarendon, State-Papers, t. III, p. 462, 481, 512, 525, 552;— Bordeaux à Maxann^ 5 juin 1669 {Documents historiques, n« XLIV). * Le 21 juin 1659.