LIVRE II..--MENÉES DE LAMBERT
célébrées dans tout le pays pour remercier Dieu de la délivrance de la République ^ La Cité de Londres donna à la Chambre un grand banquet où les deux pouvoirs se prodiguèrent les félicitations et les engagements mutuels'. Mais ces brillantes manifestations n'abusaient personne^ et Tappréhensioa d'un péril imminent pesait sur tous les esprits au milieu des fêtes de la victoire.
Dès qu'il apprit la défaite de Booth^ le Parlement s'empressa de témoigner au vainqueur sa satisfaction. 11 vota, pour Lambert % un jayau de mille livres sterling et des présents de cent, cinquante et dix livres aux messagers de grades divers qui avaient apporté les nouvelles. Hais à mesure que la reconnaissance s'-étalait, la méfiance allait s'aggravant. On disait, dans la Chambre, que Lambert voulait se faire Protecteur , et saisirait probablement cette occasion de le tenter. L'armée,
de son côté, ne dissimulait pas son humeur contre le Parlement; en voyant leurs officiers recevoir leurs brevets de la main de l'Orateur, les soldats se moquaient tout haut de leur nouveau général , déclarant qu'ils voulaient l'avoir avec eux à la première campagne, et qu'ils n'iraient pas plus loin que Lenthall ne les conduirait. Lambert ne se hâta point de revenir à Londres après sa victoire : on entendait dire qu'il se promenait dans le pays, sondant les dispositions du peuple, cajolant
1 Le 6 octobre 1659.
s Le même jour 6 octobre ; — Joumals of th* À. of C,^ t. VII, p, 786, 790, 79i. 793 ;— Whitelocke, p, 684 ;— Bord«ai4flc à 6 octobre 1659 {DocumenU historique*, n^ LU).
» Le 23 août 1659.