U MESURES DU PARLEMENT
Tannée de terre, sans expérience de la mer, niais d'une hardiesse comme d'une capacité éprouvées, dévoués à la République, acides, pour leur pays comme pour euxmêmes, de succès et de gloire, peu soucieux de ce qu'il en pourrait coûter à eux-mêmes ou à leur pays, et fermement résolus de maintenir partout, et à fout prix, rtionneur et la sùi^eté du nom et du pavillon anglais *. A ces forces matérielles ainsi bien entretenues ^t bien commandées, le Parlement joignit, pour la (n^oteetion du commerce national, des mesures législatives non moins efficaces. Il régla la législation des prises maritimes de la façon la plus propre à exciter l'ardeur ^t à récompenser les efforts des marins anglais ^ Il rappela dans leur patrie tous ceux qui servaient dans d(^ marines étrangères. Aux négociantsanglais qui auraient essuyé en mer des pertes graves, parle fait de vaisseaux étrangers et sous prétexte de visite, il assura les moyaqs d'en poursuivre la réparation ^ Un^ déçlaratioa de Louis xrv * avait naguère intordit l'entré^ ep France de toute étoffe de laine ou de soie fabriquée an Angleterre ; le Parlement se fit faire, par le conseil (J'IÉtat, un rap^ port sur les divei-s traités qui avaient réglé les relations conunerciales des deux nations, et soutenant que la pro^
* Journah ofthe House of comnwns, t. VI, p. 199, 134; 148, 149, 156, 375, Àeii—Memoriah of i>ir William Penn, t. I, p. 294-297, 302-304.
* Les 7 et 8 mai 1649 ; — Jounials ofthe Hou*e ofcommons^ t. VI, p. 202, 204.
» Les 9 mars 1649 et 13 avril 1650 ;—Ihid„ p. 379, 397.
* Du 24 octobre 1648.
PPUK LA OUiiRHE MAKITIMJi. 215
)iibitioi) réçepte était illégitime, il interdit à son tour Te^tré^ en Angleterre cfes vins et des étoffi^ 4e Ifiipp p^ dp soie (Ja Fr^ceS n Et ^ eaux qui leur opt djt qua cette défense ne tiendrait p^ et qu'ils ne pourraient ^ passer da nos vins, écrit Croullé à Maz^rin, ils ont rpppndu p^r manière da raillerie que les (lonrnie^ ^-^Çr Goutumajent ^ tout, et que, se passant bien da roi, contre te qréance que l'on en avait eue, ils se pourraient bien m^i p^sserde vins da Fr^nceV »
Le succès répondit à cet ensemble da niesuras fprta9> ordonnées par un pouvoir bautain, et exécutées p^r des agents habiles et hardis. La marine républicaine parcourut toutes les mers, tantôt convoyant le oommarça anglais, tantôt faisant, sur le commerce étranger, da riches prisas, poursuivant partout à outrance le pavijU- Ion de Charles II , et répandant partout où elle pénétrait cette crainte mêlée de respect qu'inspire }a force rapide et intraitable. Le prince Robert, à la fin da l'hivar de J640, s'était établi en croisière sur la côte orientale et méridionale dlrlande, pour seconder les opérations de l'armée royale dans l'île, et pour saisir les navire^ marchanda toujours nombreux dans cas parages. Blakç vint l'y chercher et le bloqua dans le port de Kin^ala- Robert s'en échappa avec sa flotte ', en perdant trois bâtiments, et se rendit sur les côtes de Portugal pour
* Lp ^ août 1649; — Joumals of the House of common^, t. VI, p. 284-285.
* Le 4 octobre 1649 ; — Archives des Affaires étrangères de France.
* Vers la fin d'octobre 1649.
216 CAMPAGXE DE L'.UIIKAL BLAKE
reprendre librement sa lie de courses et d'aventures. Blake Ty suivit par ordre du Parlement*^ emmenant à son bord Charles Vane, frère de sir Henri Vane, chargé de présenter au roi de Portugal les plaintes et les demandes de la République. Les deux flottes stationnaient Tune en face de l'autre à lembouchure du Tage^ négociant l'une et l'autre avec la cour de Lisbonne^ Robert pour qu'elle lui maintînt son appuis Blake pour qu'elle le lui retirât. Robert trouvait grande faveur et à la cour et parmi le peuple portugais ; au moment de son arrivée, le roi Jean IV avait envoyé au-devant de lui plusieurs de ses offlciers pour le conduire en pompe au palais, et toutes les fois qu'il venait à terre, la population de Lisbonne se pressait sur ses pas avec de bruyantes acclamations. Blake au contraire était, pour la cour et pour le peuple, ardemment royalistes et catholiques, un objet de profonde antipathie ; quand des hommes de sa flotte quittaient leur bord, ils étaient insultés et quelquefois maltraités, soit par les gens du prince Robert, soit par les Portugais eux-mêmes. Ne prenant, de ces mauvaises dispositions, que peu de souci, Blake demanda au roi Jean d'éloigner de ses États des pirates qui avaient dérobé à la République d'Angleterre une partie de sa flotte en lui débauchant ses matelots, et qu'il avait ordre de poursuivre et de détruire comme des ennemis de tout commerce régulier entre les nations civiUsées; si le roi de Portugal ne voulait pas se charger lui-même
* Vers la tin de janvier ItiôO.