LIVRE TROISIÈME. (i
de bien qui n'avait plus qu'à se retirer d'une arène désormais trop agitée pour sa chaste et pru-r dente vertu! D'autres prévoyances, d'autres craintes ^ également fondées, bien qu'alliées à deis passions plus aveugles ou moins pures, dominaient impérieusement le parti national ; et le jour était venu où le bien et le mal ^ le salut et le péril 9e mêlent et se confondent si obscurément que 1^ plus formes esprits , hors d'état de les discerner, ne sont plus que les instruments de la Providence qui châtie tour à tour les rois par les peuples et les peuples par les rois. Quarante-cinq membres seulement dans les communes partagèrent les scrupules de Rudyard (*), et dans là chambre haute le comte de Portland protesta seul f ). Les mesures de guerre furent soudain adoptées ; les chambres saisirent, à leur profit, tous les revenus publics (^) ; les comtés eurent ordre de s'approvisionner d'armes, de poudre, et de se tenir prêts au premier signal. Sous le nom de comité de sûreté, cinq pairs et dix membres des commu-
er) La levée de dix mille volontaires à Londres fut votée dans la chambre des communes par cent vingt-cinq voix contre quarante-cinq. {Pari. HisL, t. Il, col. 1409.)
(2) /6id., col. 1414.
P) /Wd., col. 1349.
300 RÉVOLUTlOrs' D'ANGT.ETKRRE.
nés furent chargés de veiller h la défense publique , et de faire exécuter les ordres du parlement (*). Enfin on décréta la formation d'une armée, forte de vingt régiments d'infanterie d'environ mille hommes et de soixante-quinze escadrons, chacun de soixante chevaux. Lord Kimbolton, lord Brook, sir John Merrick, Hampden, Hollis, Cromwell, chefs du peuple dans les camps comme à Westminster, y reçurent des commandements. Le comte d'Essex fut nommé général (*).
(*} Le 4 juillet 1642» les cinq lords étaient 4es comtes de Norlhumberland , d'Esisex , de Pembroke » Holland et le vicomte Say ; les dix membres des communes, Hampden, Pym , HolHs, Martyn , Fiennes, Pierpoint , Glynn , .sir William Waller, sir Philippe Stapleton et sir John Merrick.
(') Les lecteurs ne verront pas sans intérêt la liste exacte et complète des chefs de cette armée vraiment nationale ; on la trouvera dans les Éclaircissements et Pièces historiques, n" VI.
ET
(Senrant d'éclaircisseinent à la page 18.)
Iles ajinptônieB «de l'esprit 4'oppobttion et 4e Itberfé
sons le rèflpne d'Elisabeth.
Au mois de novembre 1575, M. Pierre Wenlworth , membre de la chambre des communes , ayant prononcé un discours pour la défense des privilégas de la chambre, notamment de la liberté de la parole , fut arrêté par ordre de la reine, et subit devant un comité de la chambre , où siégeaient plusieurs conseillers de la couronne , l'inteiTOgatoire suivant , monument curieux de Tesprit d'indépendance qui commençait à se manifester, et de l'approbation que les hommes même chargés de le punir se sentaient contraints de lui accorder.
Le président du comité. Où est votre dernier discours que vous avez promis de nous remeltre par écrit?
302 ËCLAIRCISSEMËNTS
Wbntworth. Le voici : je le remets à deux conditions : la première, que vous Texaminerez d*un bout à l'autre, et que , si vous y trouvez quelque chose qui puisse me faire taxer d'un défaut d'attachement à mou prince ou à l'État, j'aurai à r^xindre de tout le discours comme si je l'avais prononcé tout ^tier à la diasibre ; la seconde , que vous le remettrez à la reine ; si Sa Majesté ou quelqu'un de vous, membres de son conseil privé, croit y voir que je manque d'affection pour elle ou pour mon pays, j'en prends la responsabilité.
Le président. Nous n'avons à nous occuper que de ce que vous avez dit dans la chambre.
Wentworth. Vos seigneuries ne peuvent refuser de remettre mon discours à la reine; je le lui envoie parce que j'y ai déposé tout mon cœur et toate ma pensée. Je sais qu'il sera utile à Sa Majesté» il ne fer^ de mal qu'à moi.
Le président. Puisque vous éémrez qcte nous le remettions à la reine , nous le ferons.
\Ventworth. Je supplie vos seigneuries de le faire.
(On lit alors le discours; l'interrogatoire reprend.)
Le président. Vous parlez là de certains prqpos que vous avez entendu rapporter comme venant de la reine; à qui avez- vous entendu faire ces rapports?
Wentworth. Si c'est en qualité de conseillers de Sa Majesté que vos seigneuries m'interrogent, vous m'excuserez, je ne vous répondrai point; je ne ferai point, à la chambre à laquelle j'appartiens, une telle injure. Je ne suis point une personne privée ; je suis une personne publique, conseiller du pays tout entier, et dans un lieu où
ET PIÈCES HJSTCmiQUES. îMTd
j'ai droit, selon la lot ^ de dtce librement tOQte ma pensée. Pour VQtt8, comme coBseiilars de la reine , tous n'arez mil droit de me demander compte de ce que j*ai dit dans la chambre* ^ donc vous m'interrogez à ce titre, exeusezmoi y je ne répondrai pas. Si vous m'interrogez comme formant un comité nommé par la chambre , je répondrai demoAmieuiu
Le PRESIDENT. Nous VOUS interrogeons au nom de la chambre»
WsNTwoiiTH. Je vous répondrai done, et d'autant fiuB volontiers qu'a certains égards ma réponse sera nécessaire^ nient incomplète. Vous me demandez où et de qui j'ai entendu' ees propos. Je les ai entendus dans la cliambre même î de qui ^ je ne puis vous le dire.
Lb président. Nousr ne pouvons prendre cela pour une réponse.
WfiNTWORTH. It faut bien que vos seigneuries s'en contentent , car je n'en puis faire de meilleure.
Le président. Il parait que vous avez entendu dire danâ la viHe que Sa Majesté n'aimait point qu'on parlât de la religio» ni de la succession à la couronne; vous avez fait des discours sur ces bruits , et vous ne voulez pas dire de qui vous les tenez?
WsNTWORTH. Je vous assure que je puis vous montrei^ce discours chez moi , écrit de ma main il y a deux ou trois^ ans. Je ne l'ai donc point fait d'après des bruits recueillis depuis mon aii*ivée à la ville.
LÉ président. C'est là votre réponse ; mais à qui donc avez- vous entendu raconter ces bruits ?
304 KCLAIUCISSKMEINTS
Wentworth. Si VOS seigneuries pensent que je ne cherche qu'à m'excuser, j'essaierai de les satisfaire; je proteste devant le Dieu vivant que je ne puis fiommer une personne de qui j'aie recueilli ces bruits ; mais je les ai bien entendu rapporter par oont ou deux cents personnes dans la chambre.
Le président. De tant de gens, vous pou'vez bien en nommer quelques uns.
Wentworth. Non certes; c'était un propos si univei*sel que je n'ai remarqué en particulier aucun de ceux qui le tenaient ; il en arrive toujours ainsi. D'ailleurs , quand je poun*ais nommer quelqu'un, je ne le ferais pas. Je ne dirais jamais, sans y être absolument obligé, rien qui puisse faire tort à un homme, et ici rien ne m'y oblige. Cependant, comme je veux agir en toute sincérité avec vos seîgueuries, je jurerai, si elles le souhaitent, sur l'Evangile, qu'il m'^est impossible de désigner spécialement personne. Si, de votre autorité, vous me sommez de prêter un serment, je m'y refuserai , car je ne veux compromettre en rien les privilèges de la chambre. Mais à quoi bon tant de paroles? Je vais vous citer un cas où j'ai entendu de tels bruits , un cas qui vous satisfera, et vous conviendrez qu'en cette circonstance vous les avez entendus comme moi.
Le présimnt. Cela nous satisfera, en effet; qu'est-ce donc?
Wentworth. Dans le dernier parlement (l 564), le membre qui est maintenant orateur ( Robert Bell ) et qui l'était aussi dans la dernière session du parlement actuel , fit un excellent discours pour demander la révocation de certains
monopoles , accordés à quatre courtisans, au détriment de six ou huit mille sujets de Sa Majesté- Ce discours déplut si fort à quelques conseillers de la couronne que Fauteur fut mandé devant le conseil et traité si rudement qu'il re^ vint à la chambre le visage tout décomposé; la chambre litière en fut si troublée que pendant dix, douze, quinze jours, personne n*osa élever la voix sur un sujet de quelque importance; et sur les matières les plus indifférentes, chacun se perdait en longs préambules, suppliant qu'on ne se méprît point au sens de ses paroles, qu'il se renfermait rigoureusement dans la question... De tous côtés on répétait alors dans la chambre : <( Messieurs , ne parlez pas » contre les. monopoles ; la reine sera irritée , le conseil » privé sera irrité. » Je suppose qu'il n'y a pas un de vous qui ne l'ait entendu aussi^bien que moi. Je conjure vos Seigneuries d'en* agir aussi franchement que je fais.
Le président. Nous l'avons entendu, cela est vrai, et vous nous avez satisfaits en ce point. Mais que dites-vous de la dure interprétation que vous avez donnée du message envoyé à la chambre? (On relit quelques phrases du dis-*cours deWentworth.) Nous n'avons jamais vu un message de la reine présenté sous de telles couleurs.
Wentworth. Je supplie vos Seigneuries de me dire d'abord s'il n'est pas vrai qu'un tel message ait été adressé à la chambre.
Le président. D'accord.
Wentworth. Vous attesterez donc, je l'espère, que je n'ai rien inventé. Maintenant, je réponds qu'un message si dur n'aurait pu recevoir, de l'homme le plus sage de TAngleterre, une qualification trop dure. Peut-on adressera
SM ÉCLA1RCI88E\IENTS
une asiemblée réonie pour le service de Dieu un message plus dur que de lui faire dire : Vous ne chercherez pas à fairo prospérer le service de Dieu? Je pense qu'il n'y a jamais eo de message plus illégitime.
Li paÉsmiiiT. Vous n*avez pas droit de parler contre les messages, car la reine seule les envole.
WsNTwoRTH. Si le message est contraire au service de Dieu, à la sûreté du prince ou aux privilèges de la cham* bre réunie pour le maintien de TÉtat, je ne dois ni ne veux me taire, car ce n*est pas en me taisant que j'acquitterai ma conscience. Je me repens profondément , je vous jure, de m'étre tu si longtemps en de telles occasions; et je m'engage devant vous, si Dieu ne m'abandonne pas, à ne me taire de ma vie quand on adressera à la chambre quelque message qui mettra la gloire de Dieu en oubli, le prince en péril, ou portera atteinte aux privilèges du par* lemetit ; et vous tous ici présents, vous devriez vous repentir de votre silence et y rraoncer.
Lb président. De tels messages adressés à la chambre par le prince ne sont point une nouveauté. ( On cite deux ou trois exemples.)
WzNTWORTH. Messieurs, je vous dis que vous faites très mal d'apporter des précédents à l'appui de ceci. Vous devriez alléguer de bons précédents pour enhardir les hommes à faire le bien, et non des précédents iniques pour les porter au mal en les frappant d'épouvante.
Le président. Mais que prétendiez-vous donc en qualifiant si rudement ce message?
Wentworth. Je m'étonne que vous m'adressiez une t^lle
question. N'ai*je pas dit qu'an message si dur ne pouvait être trop durement qualifié? n'en ai-je pas expliqué les raisons dans mon discours? J*aî dit que, par ce message, S'était manifestée la colère de Dieu sur nous, puisqu'il avait permis que dans le cœur de la reine entrât la volonté de rejeter des lois salutaires, uniquement destinées à défendre sa vie et son gouvernement. J'ai dit que les sujets fidèles en avalent été saisis de douleur, tandis que tous les papistes, tous les traîtres envers Dieu et Sa Majesté s'étaient moqués^ dans leur barbe, de tout le parlement ; n'est-ce pas là ce que j'ai dit? et vos Seigneuries mêmes ne pensent-elles pas que cela est vrai?
ha PRÉSIDENT. Il faut en convenir. Mais comment avezvous osé dire que Sa Majesté avait injustement maltraité la noblesse et le peuple?
Wentworth. Je supplie vos Seigneuries de me dire quelle extension elles entendent donner à ces paroles : peut-on les prendre dans un autre sens que celui où je les ai prises moi-même? Sa Majesté avait convoqué le parlement pour qu'il s'occupât de prévenir ^es périls dont sa personne était menacée, et pour cela seulement ; Sa Majesté nous adressa deux bills en nous p^mettaut de choisir celui que nous jugerions le plus propre à garantir sa sûreté, et promettant d'y donner ensuite sa sanction pour en faire une loi : nous en avons choisi un ; Sa Majesté ne l'a-t-elle pas refusé? Nous avons adopté l'autre; Sa Majesté ne l'at-elle pas refusé également? Le lord garde du sceau né nous avait-il pas dit, à l'ouverture du parlemeilt, que c'était là le but de notre réunion ? Sa îlajesté n'ci-t-elle
ao8 ÉCLAIRCISSEMENTS
pas, vers la fin de la session, rejeté tous nos travaux? Tout cela n*est-il pas connu et des personnes ici présentes, et du parlement tout entier? Je conjure vos Seigneuries d'être sincères comme je le suis : oui, il est vrai que Sa Majesté a injustement maltraité la noblesse et le peuple.
Lb président. Les faits qi^e vous venez de rapporter sont incontestaUes.
Wentworth. Que vosSeigneuries veuillent donc bien me dire si la reine n*a pas tenu ici une conduite périlleuse sous deux rapports. D'abord cela pouvait blesser, décourager ses plus fidèles sujets, et les rendre moins capables ou moins empressés de bien servir Sa Majesté une autre fois. Ensuite cela devait relever le cœur de ses plus obstinés ennemis, et les porter, contre elle-même, à quelque entreprise désespérée.
Le phbsidënt. Il est vrai qu'on pouvait craindre ce double danger.
Wentworth. Pourquoi donc vos Seigneuries me demandent-elles comment j'ai osé dire une vérité, et avertir la reine d'un péril si pressant?
Voici ma réponse : Grâces en soient rendues au Seigneur mon Dieu, je n'ai jamais trouvé la crainte dans mon âme quand il s'est agi de prémunir la reine contre ses ennemis; soyez tous tremblants si vous voulez ; je remercie Dieu de ce que je ne le suis point, et j'espère ne jamais voir le jour de cette peur. Cependant, je le jure à vos Seigneuries, vingt fois et plus, je me suis promené dans ma maison, roulant ce discours dans mon esprit et travaillant à m'affermir contre cette épreuve; ma timide pensée me disait
KT PliiCîvS HISTOKIQUKS. 309
que ce discoure me mènerait dans le lieu où je vais aller maintenant, et la crainte m'engageait à m'abstenir. Mais * je me suis demandé si, en bonne conscience, en fidèle sujet, je pouvais, pour m'épargner la prison, ne pas donner à mon prince Tavis de sortit* d'une route périlleuse; ma conscience m'a dit que je ne serais point un sujet fidèle si j'avais moins d'égard au danger de mon prince qu'à mon propre danger. J'ai donc été enhardi , et j'ai fait ce que vous savez. Pourtant, quand j'ai prononcé dans la chambre ces paroles, que personne ici-bas n'était infaillible, pas môme notre noble reine, je me suis arrêté, j'ai regardé vos figures à tous, et j'ai vu clairement que ces mots vous saisissaient tous d'épouvante. Alors j'ai tremblé moi-même par sympathie, et la peur m'a fait hésiter à prononcer les phrases suivantes, car votre contenance me disait qu'aucun de vous ne s'opposerait à mon départ pour le séjour qui m'attend. Hais la conscience et le devoir d'un sujet loyal m'ont donné la force de continuer; vos Seigneuries l'ont entendu. Voilà conmient j'ai parlé ainsi ; j'en remercie Dieu; et si c'était à refaire, je le referais avec le même dessein.
Le président. Oui, mais vous auriez pu parler en termes plus doux ; pourquoi ne l'avez-vous pas fait?
Wentworth. Vous auriez voulu que je parlasse comme un membre du conseil privé! que, sur un si grave sujet, je m'exprimasse en termes que la reine n'aurait pas compris! J'aurais manqué mon but; je voulais servir Sa Majesté, et de telles paroles n'auraient servi à rien.
Le président. Vous nous avez répondu.
310 ÉCLAIRCISSEMEINTS
WsNTwoRTH. J'en rends grâces à Dieu.
(Wentworth salue; le président, M. Seckford, dit :)
Lb PRfisiDENT. M. Wentworth ne veut pas convenir qu*ll ait eu tort, ni manifester aucun regret de ce qu'il a dit; vous n'entendrez pas un mot d'excuse sortir de sa bouche.
Wentworth. M. Seckford, tant que je vivrai, je ne croirai point avoir ou tort d'aimer la reine; je ne r^retterai point de Favoir avertie de ses périls. Si vous pensez que ce soit là une faute, parlez pour vous, M. Seckford. Quant à moi, je ne puis.
[Old Pari HisL , t. IV, p. 200-207, édit. de 1763.)
ET PIÈCES HISTOBIQUES 311:
( servant d'éciairetMement à la page h^%)
Écrit trouvé dans le chapeau de Fellonit avwMuHn
du duc de Bnekingham.
L'écrit original qu'on trouva dans le chapeau de Felton subsiste encore; il est en la possession de M. Upcott, et M. Lingard l'a publié textuellement; il est conçu en ces termes :
c< Celui-là est honteusement lâche et ne mérite pas le » nom d'un gentilhomme ou d'un soldat , qui n'est pas » disposé à sacrifier sa vie pour l'honneur de son Dieu, de » son roi et de son pays. Que personne ne me loue pour » l'avoir fait ; mais que plutôt tous s'accusent eux-mêmes, » comme ayant été la cause de ce que j'ai fait, car si Dieu » ne nous avait pas rendus sans cœur en punition de nos » péchés, il (*J n'aurait pas été si longtemps impuni. »
John Felton.
[Lingord'ê History ofEngland, t. IX, p. 396.)
(<) Le duc de Buckingham.
(Servant d'éclaircûsement à la page 72.)
Sur le caractère 4e l'administration de Strafford
en Irlande.
La lettre suivante, adressée par Strafford à son ami intime Christophe Wandesford, maître des rôles en Irlande, rinforme de tout ce qu'il a fait pour repousser, auprès du roi et de son conseil , les accusations dont il avait été l'objet :
« Je demandai, dit- il, la permission de me justifier sur » certaines affaires au sujet desquelles j'avais été indigne- » ment et cruellement calomnié. Je leur racontai tout ce » qui s'était passé entre moi, le comte de Saint- Albans , » Wilmot, Mountnorrîs, Piers, Crosby et le jury de Gal- » way, disant que je savais très bien que ces gens-là et » leurs amis s'étaient efforcés de persuader au monde que » j'étais un homme dur et impitoyable , plutôt un pacha » de Bude que le ministre d'un roi pieux et chrétien. Ce- » pendant , si je ne me trompe pas sur moi-même , ai-je » dit , je suis précisément le contraire. Aucun homme ne » pourrait prouver que mon caractère ait jamais laissé » voir de telles dispositions; aucun de mes amis ne m'en » accusera dans ma vie privée ; persoime ne peut dire que y> je sois rude dans le maniement de mes affaires person- )} nelles. Si donc je suis, dans toutes ces occasions, à l'abri
Er PIÈCES HISTORIQUES. 313
» de tels reproches , tout homme impartial sera forcé de » convenir que la nécessité seule du service de Sa Majesté » a pu me contraindre à une sévérité extérieure et appa- » rente. Telle en a été en effet Tunique cause; j'ai trouvé » une couronne , une Église et un peuple au pillage ; je » n'ai pu me flatter de les y arracher avec de doux regards » et de gracieux sourire? ; il y fallait de Teau plus chaude. » Sans doute , quand un pouvoir est une fois' établi et as* » sure, on peut le garder et le maintenir à sa place par des » mesures douces et modérées ; mais lorsque la sou verai- » neté (qu'il me soit permis de le dire) s'en va dégringdant » au fond de l'abîme, on ne peut l'en retirer sans énergie, » ni la faire remonter vers le sommet autrement que par » une extrême vigueur. Je n'ai connu , il est vrai , aucun » autre moyen de gouvernement que les châtiments et les » récompenses; partout où j'ai trouvé un homme de bien » et complètement dévoué au service de mon maître , j'ai » mis ma main sous mon pied, et je l'ai élevé en considé- » ration et en pouvoir autant que je l'ai pu ; quand j'ai » rencontré un homme de dispositions contraires , je ne l'ai » point pressé dans mes bras , je n'ai point cajolé sa mau- » vaise humeur; et s'il est venu k ma portée, autant que » l'honneur et la justice me l'ont permis, je l'ai frappé » d'une main ferme sur la nuque : mais dès qu'il est de- » venu un homme nouveau, dès qu'il s'est dévoué au gou- » vernement, comme il le devait, j'ai changé aussi ma ma- » nière, et lui ai rendu , comme à l'autre, tous les bons » offices qui ont été en mon pouvoir. Si c'est là de la ru- » desse, si c'est là de la sévérité , je désire que Sa Majesté
âiâ ÉCLAIRCI&SËMËNTS
» et VOS seigneuries daignent me l'apprendre, car en vérité » cela ne m'a point paru ainsi ; cependant , si une fols je » savais que Sa Majesté n*aime point à être servie de la » sorte , je me conformerais volontiers à ses ordres et su!" x> vrais le pmichaut de mon caractère, qui est de vivre » tranquille et de n'avoir de querelle avec personne.
» Ici 8a Majesté m'interrompit en disant que la conduite yt dont je venais de parler n'était point de la sévérité, et » qu'elle souhaitait que je continuasse de la même mait nière; car, si je la servais autrement, je ne la servirais j> pas comme elle l'attendait de moi. »
(Strafford*ê Letterê and DispeUehes, t. II, p. 20.)
ET PiÈClS HISTORIQUES. 3iS
'Servant d'tiClaircisBemeut à la v^Age 65J
Ameades laipoaécs an profit de la eoaroaae ,
de i6t9 ik i640.
i"" Richard Chambers, pour avoir i*efusé le paiement des droits de douane non votés par le Uv. stert parlement , fut condamné à une amende de. 2000
2" HiUyard, pour avoir vendu du salpêtre 6000
3* Goodenough, pour la même chose 1000
ti" Sir James Maleverer, pour n'avoir pas voulu composer avec les commissaires du roi pour
le titre de chevalier 2000
5" Le comte de Salisbury, pour empiétement sur
les forêts royales 20000
6" Le comte de Westmoreland, idem 19000
7*» Lord Newport, idein 3000
^ S" Sir Christophe Hatton, idem. 12000
9** Sir Lewis Watson, idem, , ^000
10"* Sir Antoine Coper, pour avoir converti des
terres à blé en prairies . . . . ftOOO
11"" Alexandre Leighton, pour libelle 10000
12° Henri Sherfield , pour avoir cassé quelques vitraux peints de Téglise de Salisbury .... 500 13 John Overman et plusieurs autres fabricants de savon , pour avoir dérogé aux ordonnances du roi sur la fabrication et la vente du savon . 1 3000
Report 95500