Tome V
plus énergique patriotisme ; et, entre autres, le citoyen Faguet, agent national provisoire de la commune, dans un discours analogue à cette fête, a dit :
« C'est dans ce jour où les Français développèrent le germe de l'énergie qui devoit conduire à la Liberté ; c'est à cette époque où la Bastille (ce fameux rempart du despotisme qui receloit des victimes vivantes) fat emportée d'assaut par des citoyens de tout âge, de tout sexe, par des Parisiens qui, sans expérience dans le maniement des armes, dans les évolutions militaires, surent braver la mort, écraser l'ennemi, les satellites du tyran et qui enfin, en abattant un fort imprenable pour des esclaves, rendirent au peuple l'idée, la connoissance de ses forces, quand il seroit guidé par l'amour de la Liberté... »
Épargnons au lecteur la suite de ces bourdes emphatiques, dont la troisième République ne se fait pas faute, et passons aux derniers mots du compte-rendu, qui sont un chef-d'œuvre :
Cette fête majestueuse, simple et belle, a été terminée par une danse civique et champêtre donnée sous les arbres du Mail, où tous les citoyens et citoyennes de tout âge se sont rendus l'après-midi. La décence et la joie pure qui s'y sont fait distinguer ont prouvé que le régime républicain n'est plus parmi nous que le tombeau du vice et K règne de la vertu.
Ici nous devons mentionner un martyr de plus, appartenant au clergé du Bugey.
François-Marie Revenais né à Seyssel en 1752, aumônier des Ursulines à Gex, puis vicaire