CHAPITRE PREMIER
Les principaux terroristes de Belley, auxquels Boisset avait pensé dès son arrivée à Bourg, furent incarcérés aux Claristes et mis au secret le 27 ou 28 thermidor; car le 27, ils datèrent d'Ambérieu la supplique suivante adressée à leur ami Méaulle :
Ambérieu, le 27" thermidor l'an 2" de la République une et indivisible.
Les Sans Culottes de Belley, calomniés, au Représentant DU peuple Méaulle.
Père des Sans-Culottes^ tu. seras sans doute surpris d'apprendre que tous les vrais patriotes, ceux qui ont montré jusqu'à ce jour le plus de zèle et d'attachement à la cause de la liberté et de l'égalité, sont incarcérés et violemment menacés; que nous, de Belley, nous avons été arrêtés avec un appareil frappant , gardés toute la nuit par cent' cinquante hommes et traduits à Bourg, enchaînés, par cinq gendarmes et quatre gardes nationaux.
Tranquilles sur nos consciences, nous regardons ces mesures de sûreté comme un songe. Ce qu'il y a déplus remarquable , c'est qu'une espèce d'insurrection existe entre les citoyens et les détenus élargis, et leurs parents corrompent les patriote; , et tout annonce que nous n'aurons pour soutien que notre innocence.
Nous espérons que tu n'oublieras pas les Sans-Culottes et que tu préviendras par des mesures les coups que l'on
de Bourg, séance du 3 vendémiaire, que Jean Ducimetière était alors détenu au secret et malade aux Claristes en compagnie de Philipi père, Juvanon oiiclc et Duclos.
pourroit leur porter. Salut et fraternité. Signé : BonneHi),A. Masse ^ Carrier, Dupont et Charcot (2).
Pour copie conforme : Méaulle (3).
Les autres intrigants de B^Iley s'étaient aussi adressés la veille à Méaulle, pour parer le coup qui| les menaçait :
Belley, 26« thermidor an 2"' de l'ère républicaine.
Les membres du comité révolutionnaire de Bellei AU montagnard méaulle,
Citoyen Représentant^
Pour avoir fait observer et exécifter les lois autant qu'il étoit en notre pouvoir, nous sommes à la veille d'éprouvei le sort des citoyens Bonnet, Carrier, Masse, Torombert ainsi que des douze membres du Comité de Bourg qui" ont été mis en arrestation par ordre du ^représentant Boisset. Celui-ci a choisi pour commissaire le citoyen Ferréol, parent de plusieurs détenus dans notre commune.
(i) Un ami de Bonnet, Vettard-Piot, était déjà incarcéré comme concussionnaire.
Nous avons dit, p. 202 du tome HT, ad notam, que Vettard-Piot avait fait imprimer, en juin 1793, un Exposé de sa conduite, auquel les citoyens Siriat et Dumaret avaient répondu vertement. Ajoutons que. dans deux répliques, Tune, du mois de frimaire an II {Le citoyen Vettard Piot. procureur syndic du district de Belley, détenu dans la maison de justice de l'Ain au ministre de la justice de France, 12 p. in-4». — Ct" D.). et l'autre, du mois de.floréal an II [Les 'Brigandages de la bande de 'Belley publiés par Vettard-Piot, 14 p. in-4°. — C^^ D.), il s'efforça de rejeter sur ses adversaires Dumaret, Larochette, Labâtie, etc., les faits qui lui étaient reprochés. Ce qu'il y a de plus clair dans cette discussion, c'est que le mobilier de l'émigré Montillet fut la proie des iQups cerviers du nouveau rég me.
(2) Copie authentique portant la griffe de la Convention. — C" D.
(3) Torombert, qui ne signa pas, faisait partie du convoi, d'après la lettre suivante.