CHAPITRE m
n'offre plus que les douceurs de runion et de l'amitié, et notre Société' vraiment épurée par les soins du Représentant du peuple Boisset , est devenue une nombreuse famille. Ce ne sont plus des paroles de sang et de terreur qui retentissent à la tribune ; mais on y jure union aux patriotes, paix à la vertu, protection à l'innocence opprimée, mort à l'intrigue et au crime; on y jure soumission à la Convention nationale, et reconnoissance aux représentans qui se sont intéressés aux malheurs de notre patrie.
Continuez à.veiller sur le sort du département qui vous vit naître ; continuez à travailler à son bonheur et à l'anéantissement des factieux qui voulurent le perdre, et chaque citoyen vous portera dans son cœur, et trouvera en vous des pères bienfaisans. Continuez vos bons offices pour vos concitoyens, et quand vous aurez vu la fin de votre glorieuse carrière, vous viendrez cueillir des mains de nos enfans, que vous aurez rendus heureux par le salut de leur père, les fleurs et les couronnes destinées à la vertu et aux amis du peuple.
Fait à Bourg, le i5 fructidor, an 2<' de l'ère républicaine. Signé : Meurier^ président, Fontaine^ Charrassin, Beffroy^ secrétaires (i).
On remarquera que le nom du député de Nantua ne figure pas en tête de cette adresse. Grégoire Jagot ne pouvait être congratulé à Pégard de Boisset comme ses collègues de PAin. Loin d'accepter le 9 thermidor, il espérait et faisait espérer à ses amis le retour de la Terreur ; nous en verrons bientôt la preuve.
(i) Cette adresse et la précédente sont imprimées ensemble sur 4 p. in-8, sans titre collectif. — C^* D.
En se rendant à Gex, Boisset visita Seyssel et CoUonges. Le 12 fructidor, il data de Collonges Tordre d'arrestation de Nicod-Marat, de Ducimetière-Brutus et du fameux Mathieu qui avait
amené à Bourg les trois cents bons h à poil.
Il passa tant à Gex qu'à Ferney les journées des i3, 14 et i5 fructidor.
Le i3, il reconstitua le district de Gex qui eut alors : pour agent national, le citoyen Millet; — pour administrateurs, les citoyens Dallizette, de Ferney ; Girod fils, de Thoiry ; Barberat et Joseph Robin, de Gex ; — pour conseillers d'administration, les citoyens Balleydier père; Deonna, de Cointrin ; Descombes, de Léaz ; Bergier, de Chevry : Tournier, de Thoiry ; Perrachon Taîné, de Ferney; Perrin-Rousset, de Versoix ; Hôtelier père, de Vesancy ; — pour président du tribunal, le citoyen Borsat père ; — pour juges, les citoyens Louis Perrier, Joseph Nicolas, Blanc, de Chézery, et Barberat, de Vesancy ; — et pour maire de Gex, le citoyen Vachat.
Le même jour, i3 fructidor, Boisset data de Gex une proclamation qu'il fit imprimer à Carouge. Le but de cette proclamation était sans doute de repousser l'imputation de modérantisme et d'antirépublicanisme attachée à ses actes par les ultrapatriotes. A la lettre, il exhortait le peuple à ne pas tomber dans k tiédeur patriotique et lui rap-