CHAPITRE II
pos inciviques. Citoyens,croyez qu'ils ne se disent patriotes que parce qu'ils ne sont pas les plus forts et qu'ils craignent la prison et la guillotine. Les mâtins, ils ont eu l'adresse et la ruse de vouloir vous faire croire que l'on attaquera par la suite tous nos braves laboureurs qui sont un peu riches ; ils vous ont dit faussement et méchamment que les assignats de cent livres et au-dessous, encore garnis de la sacrée face du tyran, ne valent rien ; ils disent que l'on va faire une seconde levée. Ces gredins qui ne croyaient pas en Dieu, aujourd'hui voudraient nous persuader qu'on ne
peut pas se passer de calotins ; enfin les b vous disent
cinquante mensonges. Défiez-vous d'eux, mille bombes 1 Quand vous attraperez quelques-uns de ces preneurs de mauvaises nouvelles, f.....-leur hardiment la patte dessus et amenez-les à la municipalité et au district pour leur faire siffler la linotte ; il y en a d'autres qui vous font des contes borgnes pour vous exciter à une fausse pitié, parce qu'ils vous connaissent bons et faciles ; nom d'un arc-enciel 1 ne vous laissez pas berner comme des f. imbéciles
et envoyez-les faire f.....de la bonne manière. Les décrets, les arrêtés des Représentans du peuple ne frappent que ceux qui cachent leur or et leur argent, qui l'agiotent contre des assignats, qui n'exécutent pas les lois sur le maximum et les réquisitions, qui prêchent le fanatisme et qui
plaignent un tas de b d'émigrés et de fédéralistes, qui
ont voulu nous sucer jusqu'aux os, et qui auraient reçu avec plaisir les plats gueux de Piémontais et les barbares Autrichiens, pourleur aider à faire la contre-révolution. Au nom de la patrie, au nom des moustaches sans-culottides, défiez-vous de ces muscadins de la ville et de la campagne. Ne vous fiez pas à leurs paroles doucereuses qui ne tendent qu'à vous perdre et à vous ramener àl'ancien régime. Ne faites pas attention à leurs dames qui vont pleurant au-
tour de vous et chantant midi à quatorze heur es\ dites-leur : Vous ne pleuriez pas, sacrées béates^ sacrées muscadlnes^
quand Ton nous f. en prison, aux galères, soit pour
avoir tué un pigeon, soit pour avoir envoyé faire f.... . madame, monsieur le curé ou sa servante 1 Amis, ne vous étonnez pas si on les pressure un peu. Mille f. ! les mâtins ne nous ont pas épargnés dans le temps. Croyez une fois dans votre vie que vous avez du bon sens, que vous êtes des hommes qui pouvez raisonner plus sensément que des sacrés procureurs qui, toute leur vie, se sont gâtés le cœur et l'esprit par la chicane ; sachez, mille dieux 1 que vos affaires seront plus promptement arrangées par vos amis, par de bons juges de paix et par des arbitres sans-culottes que
par des avocats grippe-sous et des avoués musqués ; f. -
vous bien dans la tête qu'en donnant seulement le quart de votre temps aux affaires, n'étant pas si attachés à votre intérêt particulier, vous conserverez votre liberté et vous deviendrez de bons officiers municipaux, f..... ! Dites à part vous, que si les nobles, les prêtres et chicaneurs avaient de bonne foi voulu l'égalité, s'ils s'étaient bien persuadés qu'il est impossible de résister à une révolution, nous n'aurions pas la guerre. Tonnerre de Dieu! nous
l'avons et c'est leur faute ; il faut donc que les Jean-f.
en payent la façon : il faut qu'ils payent les pères et mères pauvres qui ont envoyé leurs enfans aux frontières ; il faut qu'ils nourrissent les pauvres sans-culottes qui se tuent de peines et de soucis pour faire aller la machine ; ' il faut que cette bande de chicaneurs regorge au moins une ] partie de ce qu'elle a volé aux pauvres laboureurs, à qui ( elle escroquait mille livres pour un procès de cinq sous ; i enfin, les sacrés chiens, qui ont été les meneurs de la cHque fédéraliste, doivent mettre la tête à la lunette ; et leurs seconds, après avoir comme de f Nicodèmes