‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 35 sur 254 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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signalés. Les notes du Comité sur leur compte sont sous nos yeux ; nous allons y puiser sans crainte d'offenser leur mémoire^ les injures de certaines gens sont plus honorables que leurs louanges :

Brillât- Savarin, ci-devant homme de loi, nommé à l'Assemblée constituante, ne se trouva pas au Serment du Jeu de Paume. Il étoit à Londres, lors du départ du cidevant roi pour Varennes. Il présenta au mois de juin dernier un arrêté des plus fédéralistes qui fut accepté à l'unanimité. Il a été dénoncé à la Société des Sans-Culottes pour avoir favorisé l'exportation des grains et autres denrées ; il a signé en qualité de" maire des certificats de civisme et des passeports à des émigrés. Il a été président de la Société dite de la Liberté ; pendant sa tenue les arrêtés les plus liberticides et les discours les plus contre-révolutionnaires ont été enregistrés et signés par lui. Il s'est constamment montré ennemi des Sans-Culottes dont il n'a jamais eu la confiance. Il est absent de cette commune depuis deux mois environ.

Tendret aîné, ci-devant homme de loi, a pris part avec rage aux arrêtés fédéralistes. Son avis fut d'arrêter les caisses, de porter une force armée contre Paris, de former un conseil exécutif provisoire composé de citoyens choisis dans chaque département. Il a été secrétaire de la Société dite de la Liberté... On lui soupçonne une correspondance avec un membre du Marais de la Convention nationale. Il n'a jamais eu la confiance des Sans-Culottes. Il fut toujours partisan de Brillât-Savarin, Mollet et Dumolin, receveur.

Mollet, ci-devant homme de loi, nommé membre de

la Convention nationale, a entretenu dans le district de Belley une correspondance alarmante. Il est l'auteur d'une lettre écrite à Dumolin, le receveur, à la suite des journées du 3 1 may, dans laquelle se trouva un billet écrit en italien que le dit Dumolin a fait voir à plusieurs personnes et qu'il refusa de communiquer aux autorités constituées pour éclairer leur délibération . Il n'a pas voté la mort du ci-devant Roi. Il a quitté lâchement son poste à la Convention depuis qu'il a vu que la Montagne prenoit le dessus. Il a été reçu dans le mois de juin dernier membre de la Société dite de la Liberté, qui lui envoya un diplôme à Paris. Il s'est déclaré, depuis son retour, l'ennemi des Sans- Culottes et les a fait persécuter par Gouly, représentant. lia, notamment, depuis le 3i may, perdu la confiance des amis de la République (i).

Larochette, ci-devant commissaire national, homme foible et méchant, grand ami de Savarin, de Mollet et de Dumolin, professant les mêmes principes. Il a depuis longtemps perdu la confiance des Sans-Culottes. Il étoit un des principaux orateurs de la Société du Temple. Il a pris part avec chaleur aux arrêtés liberticides du mois de juin, lia été destitué par arrêté du représentant Prost.

Dumolin, receveur, ami intime de Mollet, ex-député à

(i) M. Mollet est ici accusé de n'avoir pas voté la mort du roi. Il racontait qu'après son vote (l'un des premiers, il le fît, fortement anéanti, ayant fait le sacrifice de sa vie plutôt que celui de sa conscience, et disant qu'il n'avait pas mandat pour cela) il crut voir fondre sur lui les mégères et se retira sans bruit à la faveur d'un mouvement qui eut lieu pour un autre objet.

Quand il arriva chez Micoud à Pont-d'Ain, il était encore si ému et si troublé qu'il ne reconnut pas l'habile traiteur. Celui-ci lui offrit de l'argent et ne put rien lui faire accepter; pour qu'il prît le cheval qu'il lui prêtait, il lui dit qu'il en avait un à renvoyer à Belley et qu'il lui rendrait service en le reconduisant. Belle conduite. (Note de M. Alexandre Sir and).

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