‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 67 sur 254 · CHAPITRE VI. lOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. lOI

de primogéniture, l'état certifié de ses biens, des emplois qu'il a remplis sous Tancien régime et sous le nouveau, la preuve authentique de ses prestations de serments civiques, du payement de ses contributions patriotiques et autres, etc., etc. ; et que tout cela soit fait sur-le-champ : « les ci-devant nobles, qui n'obéiront pas sur-le-champ au contenu du présent arrêté, seront déclarés de fait ennemis de la Révolution (i). »

Peut-on rien imaginer de plus arbitraire, de plus vexatoire ? Jamais grand seigneur, au temps de la féodalité, ne traita ses vassaux avec un tel abus du bon plaisir. Puisqu'Albitte voulait extirper le germe de la lèpre féodale, il aurait dû commencer par se Pextirper à lui-même.

En transmettant cet arrêté à Pagent national de la commune de Bourg, Rollet-Marat demande une maison pour recevoir les ci-devant nobles et « la liste exacte de tous ces bougres-là » pour qu'il puisse les découvrir. « Tu auras soin, ajoute-t-il, chaque fois que je t'enverrai des placards, d'en faire afficher à ma porte un exemplaire, afin que j'aie toujours devant les yeux un motif d'amour pour la République et d'aversion contre les tyrans (2). »

Les maisons d'arrêt désignées furent Brou pour les hommes et la Charité pour les femmes.

(i) Affiche du 23 ventôse an H, imprimée à Chambéry. — Ph. L. D. (2) Registre de correspondance du district de Bourg, p. io3.

Albitte tenait tellement à cet arrêté qu'il en prescrivit Texécution par un nouvel arrêté (i).

La date du 20 ventôse an II (i 3 mars 1794) est encore attachée à un document plus horrible : c'est Tordre donné par le général Lajollais en vue d'un massacre dans les prisons de Bourg. Nous trouvons cette pièce dans la troisième édition du Compte rendu de Gouly, p. 365; la voici avec le préambule de Gouly, en italiques :

Copie de l'Ordre donné pendant les trois jours destinés à égorger les détenus de Bourgs chef-lieu du département de l'Ain, en pluviôse et ventôse an 11^ époque oii le même projet existoit à Paris et autres lieux, alors Hébert faisait voiler les Droits de l'homme aux Cordeliers.

Ordre pour la Garde nationale de Bourg régénéré.

La place Marat est de'signée pour le rassemblement de la garde nationale de la commune de Bourg re'généré : en cas d'incendie, la moitié s'y rendra en armes ou en piques, et l'autre moitié au feu. Cette alerte sera annoncée par un roulement de tambours dans toute la commune.

L'on ne pourra battre la générale sous quelque prétexte que ce soit, que par ordre exprès de m.a part, et dans ce dernier cas, toute la Garde nationale prendra les armes et se rendra au point de rassemblement ci-dessus désigné; et en supposant que les corps administratifs jugeassent à propos de me requérir pour donner le signal d'alarmes,

(i) Arrêté d'Albitte du 12 germinal an II. daté de Chambéry. Trévoux, Pinet, 4 p. in-40. — C'« D.

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