CHAPITRE II
Conseil d'administration du district.
Olivier^ de Bourg. Borron, de Treffort.
Rigueur, aubergiste à St- Cherel fils, d'Hautecour.
Etienne. Vuitton, serrurier.
Marguin, de Lent. Rouyer, charpentier.
Mortel, de Malafretas.
Ducret, secrétaire-général du district.
Ces diverses nominations furent proclamées en séances d'apparat tenues les 5 et 6 pluviôse, dans la grande salle du département.
Le premier jour, la municipalité, le district et le comité de surveillance se rendirent dans cette salle avec une foule de curieux. Albitte, escorté de ses secrétaires, y parut en brillant costume, et fit admirer son agréable physique et sa jeunesse ; il n'avait que trente-trois ans. Après la lecture du décret du 14 frimaire et des pouvoirs qui lui étaient conférés par le Comité de salut public, il exposa les devoirs que l'administration avait à remplir ; il affirma qu'il avait pris les renseignements les plus scrupuleux sur les citoyens placés par lui à la tête de la ville et du département, et il ajouta que, pour mieux assurer le bonheur du peuple, il soumettait leurs noms à la sanction publique. Le peuple les accueillit avec applaudissement, et quand il se retira, <f pénétré, dit le registre municipal, des grandes vérités développées par Albitte, tous les cœurs paraissoient animés de Pesprit révo-
lutionnaire et de cet entier dévouement à la chose publique qu'il avoit si bien sçu inspirer. »
Le second jour, même cérémonie pour Tinstallation des administrateurs du département. Albitte rappela encore « avec énergie, dit le registre du directoire, les devoirs et les vertus que de vrais républicains doivent professer. » Son discours dut ressembler à celui de la veille, qui nous a été conservé dans une affiche et que nous allons reproduire ; le lecteur jugera si le nouveau commissaire de la Convention, avec son ton brusque et despotique, était bien capable d'émouvoir les cœurs.
Egalité, Liberté. PROCLAMATION AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS ALBITTE, Représentant du peuple, etc.
Citoyens, La Convention nationale a décrété l'établissement d'un gouvernement provisoire et révolutionnaire ; il est la pierre d'attente sur laquelle sera posé l'édifice de la constitution que la République entière a acceptée, et qui doit faire son bonheur.
La Convention nationale a envoyé cinquante-huit de ses membres pour établir dans tous les départemens ce gouvernement, qui n'est que le précurseur d'un meilleur encore, et dont la durée, en dépit des tyrans et des esclaves, doit être éternelle.
Pour y arriver, il faut des guerriers qui terrassent les ennemis du dehors : un million de nos frères les battent