Papillon [i.'Chaû
Le convoi partit de Bourg et d'Ambronay, le ^ pluviôse. Ce soir-là, en effet, Albitte entretint a société populaire de cette expédition criminelle : <■ Il a parlé, porte le registre, avec fermeté et implicite sur les hommes suspects qu'il a envoyés [ Commune- Affranchie. » Le même jour, Varenne e Fenille écrit d'Ambronay à son fils : « ArmedI de courage, mon fils ; je vais partir pour .yon (i). »
Nous soulignons le mot simplicité : envoyer à échafaud dix-huit amis de l'ordre, c'était chose Dute simple pour un des meurtriers de Louis XVI, our un des destructeurs de Lyon, et pour les scéirats qui l'écoutaient.
Ce langage d' Albitte exclue Tinfluence perverse e son entourage. Ses complices le secondaient, lais ne Tentraînaient pas. Ce qui prouve d'ail- !urs qu'il agissait bien motu proprio^ c'est qu'en
(0 Voir nos Etudes sur les œuvres de Varenne de Fenille. p. 55.
annonçant Tenvoi des dix-huit, il écrivait à li Commission révolutionnaire : « Je vais à Belle] et je prendrai les mêmes mesures qu^ici. »
Pour déterminer les juges à prononcer la peini capitale, Albitte leur fit parvenir avec pièces justi ficatives le tableau des prétendus crimes commii par nos concitoyens. La lettre d'envoi dont noui venons de citer un passage était conçue en ces ter mes :
ALBITTE, Représentant du peuple à la Commissio\ révolutionnaire des Sept à Commune- Affranchie .
Le département de l'Ain s'étoit coalisé avec toutes le administrations contre-révolutionnaires, lors du 3i mai et surtout avec celles de Rhône-et-Loire et du Jura. D( grands conspirateurs ont failli perdre cette partie de Ij République. Les uns sont fugitifs, les autres sont protégé à Paris, d'autres étoient ici et à Ambronay en état d'arres tation. Je vous dénonce les uns et les autres et vous envoi ceux qui sont sous ma main.
Je vais à Belley et je prendrai les mêmes mesures qu'ic Vous verrez bien des femmes, des lettres de communes ne voyez que le salut des patriotes.
Salut et fraternité.
ALBITTE^ Représentant du peuple
P. S. Cette lettre vous sera remise par Jourdan, mem» bre de la commission temporaire. Je vous envoie de exemplaires de différents de mes arrêtés ; ils vont rapid< ment, et les aristocrates les trouvent fort mauvais (i).
(0 Hisl. du peuple de Lyon, par M. Alph. Balleydier. t. II, p. SyS.