‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 288 sur 291 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

494 QUINZIJÈME ÉPOQUE.

rent sur Téchafaud, deux furent condamnés à la détention, et quatre furent renvoyés d'accusation, Ceux-ci, acquittés au grand déplaisir de leurS ennemis sans-culottes, usèrent prudemment de leur liberté; M. Debost n'osa rentrer dans son domicile qu'après le 9 thermidor.

Si Albitte et ses complices n'ont pas envoyé à réchafaud un plus grand nombre de victimes, il ne faut pas leur en savoir gré. Nous verrons dans le prochain volume comment ils se disposaient à de nouvelles épurations et comment ils furent arrêtés dans leurs projets sanguinaires.

Le supplice subi, le 26 pluviôse et le 26 ventôse, par seize de nos compatriotes, nous fait particulièrement horreur, parce que la plupart étaient des hommes d'élite et que leur mort a été préparée par les Sans-Culottes de Bourg. Mais notre pays éprouva d'autres pertes sur l'échafaud lyonnais. Nous avonsfait connaître, au commencement dej:e volume, ch. i^'' et vnr, dix-sept habitants ou natifs de l'Ain pris et condamnés à Lyon comme rebelles, fusillés ou massacrés sur les Brotteaux. Il y en eut ensuite une centaine qui périrent sous le couteau de la guillotine.

Les listes de condamnés, publiées jusqu'à ce jour, fourmillent de noms de lieux et de pcrson-

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es mal écrits; il y figure aussi des noms sans idication de départements, de sorte qu'il est difcile d'établir la nomenclature générale de nos viornes. Nous l'essaierons néanmoins dans Tappenice du dernier volume. En tous cas, nous aurons Qcore l'occasion de nous occuper de quelques-uns es condamnés de l'Ain.

Dès à présent nous citerons un Bressan dont la îort ne fut pas le fait d'Albitte, mais d'un terroiste de Bourg. Il figure sur le jugement du 16 luviôse an II, qui le désigne comme il suit :

Pierre- Antoine Mortier^ 3o ans, brigadier aux ivres, natif de Bourg, y demeurant. »

M. Debost nous apprend dans une note qu'il fut rrêté à Lyon et qu'il fut guillotiné à l'instigation u maire Albant. Un autre manuscrit rapporte ue M. iVIortier, « en partant de sa prison, recomlanda son fils à M. du Marché-Bolozon, qui s'est cquitté avec honneur de sa promesse. » Le fils e cette victime fut en effet constamment soutenu t protégé par M. du Marché; c'est par les soins e ce bienfaiteur qu'il fut pourvu d'un office miistériel et qu'il se maria.

M. Lowis Mortier, écrivain esthétique et reliieux, parlait souvent de son aïeul, mort sur échafaud de la Terreur. Il a été lui-même enlevé rénaturément, à sa mère et aux lettres, en 1871,

l'âge de 44 ans, laissant le témoignage de son

admiration pour la nature dans ses Impressions d'un touriste et celui de ses sentiments élevés dans le Problème de la vie^ son dernier ouvrage.

Nous venons d'exposer dans ce chapitre Tacte le plus criminel de nos Terroristes. Mais là ne s'arrête pas l'intérêt du récit. Après le meurtre de leurs concitoyens, ils sont encore les maîtres ; l'heure des sanglantes représailles n'est pas encore, sonnée. La fin du règne d'Albitte et celui de Méaulle fourniront donc à notre cinquième volume de nouveaux traits de persécution ; nous assisterons à la mutilation des églises, à la destruction des châteaux, œuvre de vandalisme qui n'a pu trouver place en celui-ci ; Boisset viendra ensuite punir les méchants et rendre aux bons la liberté ; enfin, dans le sixième volume les scènes les plus dramatiques nous conduiront au dénouement.

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