CHAPITRE VI. III
tous les citoyens de Belley se traitaient en amis et en frères (i).
Ces temps heureux n'étaient plus possibles. La politique avait profondément divisé les esprits. Un rapprochement fut vainement tenté par une proclamation spéciale (2). Brillât-Savarin désespéra bientôt de rétablir la concorde entre ses concitoyens. Quelques jours après sa réintégration, il prit le parti de fuir, et il fit bien ; car il échappa ainsi aux foudr-es proconsulaires de Gouly, deux fois dirigées contre sa personne (i^"" et 4 nivôse].
Tandis que Blanq-Desisles et Albant pérorent à Belley, le Comité central de surveillance, faisant iroit à la requête du citoyen Gaillard, détenu aux ^laristes, décide, le 24 brumaire, qu'il sera mis en iberté. On se souvient de l'altercation qu'il avait
) Délibération du conseil municipal de la commune de Belley et décret e la Convention nationale. Séance publique du 2~ brumaire, l'an 2' de
Révublique, une, indivisible et démocratique. Belley, 1793, affiche. —
Ou.re la séance municipale et le décret de réintégration cette précieuse
fiche contient l'arrêté du département.
(2) Les Officiers municipaux de la commune de Belley à leurs conci-
yens. Belley, 1793, affiche.— Ph. L.D.
Cet e affiche sans date est signée par Briilat-Savarin, maire, Balme,
harcot. Roux, Sevo^, Guillot, Civoct, et Parrat-Brillat, procureur de la
mmane.
Ils I appellent les services qu'ils ont rendus et implorent l'oubli desdis-
nsioas: « Réunissons-nous, citoyens; n'ayons plus qu'un sentiment, un.; volonté, ceile de faire prospérer la République, et notre union franel e fera le désespoir des aristocrates, qui triomphent toujours des
eue avec le médecin Rollet (voir au 3° volume, le chapitre V de la X^ Époque). Le lendemain, même décision à Pégard du citoyen Puthod aîné, homme de loi.
Au retour de Belley, le 29 brumaire, Albant proteste « en loyauté de conscience » contre l'élargissement des citoyens Gaillard et Puthod ; il dit qu'il n'a eu aucune part aux arrêtés du comité depuis le 18 brumaire « comme ayant été absent pour une mission importante » ; et il déclare que les détenus mis en arrestation par le comité sont tous coupables. Lui-même écrit cela sur le registre avec une orthographe et une syntaxe des plus révolutionnaires.
Une pareille note, aussi mal écrite, signée Joseph Gay et Joseph Laymant, répète les mêmes protestation et déclaration. Ce qu'il y a de plus singulier^ c'est que ces deux personnages avaient signé l'élargissement de M. Gaillard.
Blanq-Desisles ne proteste pas; il fait mieux: secondé par Rollet-Marat, l'ennemi particulier de M. Gaillard, il oblige le comité à rapporter « comme contraire aux lois » son arrêté du 24 brumaire qui lui avait rendu sa liberté.
En rapprochant les signatures des deux arrêtés, il nous sera facile de distinguer les meneurs du comité.
L'arrêté d'élargissement du 24 brumaire es