‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 77 sur 291 · CITOYENS · texte numérisé non relu

CITOYENS

Le moment est arrivé où il ne doit y avoir d'autre religion que l'amour de la patrie, d'autre culte que celui de la Liberté, de l'Egalité et de l'éternelle Vérité. Le masque du charlatanisme tombe de. toutes parts; de toutes parts aussi nos saints se dépouillent de ces vêtemens superbes que dédaigna jadis le bon sans-culotte Jésus. Nos prêtres, las enfin d'occuper la chaire du mensonge, honteux de boire dans des coupes d'or, tandis que les défenseurs de la patrie peuvent manquer des choses les plus nécessaires; honteux d'étaler dans leurs temples un luxe que réprouve ce Dieu à la grandeur duquel un éclat emprunté ne peut rien ajouter, s'empressent d'abjurer leurs erreurs; et les calices, les ciboires et autres hochets de la superstition vont enfin tourner au profit de l'humanité souffrante. Déjà plusieurs communes les déposent à l'envi sur l'autel de la patrie ; celles de ce district seraient-elles les dernières à porter cette honorable tribut levé sur l'imbécilité de nos aïeux ? Pourraient-elles se refuser à de si touchans exemples, dans un moment où la rage des despotes coalisés force la République à déployer toutes ses ressources, et à invoquer les secours de chacun de ses enfans? Quand une nation comme la nôtre s'est élancée vers la liberté, j regarde-t-elle aux moyens qu'elle emploie pour l'affer-i mir? Son salut ne doit-il pas l'emporter sur les pitoya-1 blés raisonnemens des fanatiques? et ne serait-ce pas le|

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