‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 83 sur 291 · CHAPITRE vn. ï3g · texte numérisé non relu

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ne devions pas nous attendre à attirer sur nous les reproches des députés de notre département, et cependant Gauthier et Deydier se plaignent hauteînent. Merlino et Jagoz nous paraissent incertains. » Il y a donc eu de la part de Gauthier une lettre qui n'est pas sur le registre. Nous verrons bientôt d'ailleurs que ce député n^approuvait pas le fonctionnement illégal du comité ; il voulait bien que ses amis mangeassent à cœur joie du prêtre et de l'aristocrate, mais il ne permettait pas un coup de dents contraire aux décrets.

Les membres du comité prirent le parti de se retirer, ce qu'ils annoncèrent collectivement par lettres justificatives aux Jacobins, à Reverchon et à Deydier. Une quatrième lettre fut adressée à Javogues par Baron-Challier, c'est la plus curieuse, la voici telle qu'elle est transcrite sur le registre :

Bourg régénéré, le primidi de la 2« décade de l'an II de la République.

Baron dit Challier, administrateur du département de l'Ain, au citoyen Javogues, représentant du peuple.

En conséquence de la commission que tu as délégue'e à RoUet et à moy, nous avons fait incarcérer tous ceux qui ont été destitués par Bassal et Bernard pour cause de fédéralisme, ceux déjà incarcérés par Amar et Merlino, et tous ceux déclarés suspects par le comité de surveillance. Leurs biens meubles et immeubles sont séquestrés et les scellés apposés sur leurs papiers. Il peut y en avoir d'incarcérés dans tout le département environ deux cents au

plus (i). Tous les aristocrates ne sont pas là, et les bougres crient icy et à Paris, et font crier Deydier et Gauthier qui trouvent nos mesures trop révolutionnaires, et osent dire à des républicains de notre espèce qu'ils sont des patriotes de deux jours, eux qui ont failli quatre à cinq fois à être lanternes ou écrasés pour avoir soutenu les montagnards dans tous les temps. N'importe, obéissant à la loy, nous avons dissous notre comité central de surveillance à la réception de la lettre de Reverchon qui nous avait formés. Néanmoins, quoique le comité central ne puisse plus agir, nous, en vertu de la commission que tu nous as déléguée, nous agissons ainsi qu'en vertu d'un arrêté du département de l'Ain, pris à la suite de l'arrêté d'Albitte, Fouché et ColIot-d'Herbois, qui ont pris des mesures vigoureuses de sûreté générale.

Nous irons toujours en vrais montagnards, et tu peux compter que nous nous rendrons dignes des noms de Challier et Marat dont tu nous as honorés.

Vivent les Sans-Culottes et les Jacobins. Ils sauveront la République.

Le Comité central de surveillance se réunit encore le 12 frimaire, pour justifier ses ordres d'arrestation par des allégations d'incivisme. Ces allégations, qui accompagcnt 96 noms, la plupart de Bourg, ne consistent souvent que dans Tépithète d'aristocrate, fédéraliste ou fanatique.

Dans une dernière séance, tenue le 14 frimaire, le Comité fit son testament, il légua ses pouvoirs

(i) Effronté mensonge : comment faire entrer dans ce nombre les qua trç.ou cinq cents suspects incarcérés par Amar et Merlino ?

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