‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 163 sur 275 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

une puissance que la Convention en masse peut seule exercer, ont semé dans presque tous les départemens une sombre inquie'tude, le désordre et l'effroi ? Ils venoient, disoient-ils, former l'esprit public, et faire des amis à la révolution ; et par eux, le mépris des loix a été érigé en principe ; la soumission à ces loix, traitée de foiblesse ; la violation des propriétés, conseillée ; la liberté individuelle, horriblement attaquée : par eux, les dénonciations sans preuve, les délations atroces ont été accueillies et provqquées ,• la défiance inspirée au soldat contre ses chefs, aux administrés contre leurs administrateurs : par eux, l'humanité gémit, l'innocence est dans les fers, les familles sont en deuil : et le croiriez-vous, Législateurs, par eux, tout moyen de justification a été impitoyablement refusé ; par eux enfin, le respect pour nos représentans s'est affoibli, et une incertitude, pénible à nos coeurs, a altéré la confiance sans borne que nous avions dans leur sagesse et dans leur fermeté (i).

Avez-vous oublié que la ligue des despotes a déjà souillé notre sol régénéré ; que plusieurs départemens éprouvent toutes les horreurs de la guerre civile ; qu'un grand nombre d'autres est en proie aux fureurs de l'anarchie ; que tous attendent avec impatience la Constitution, comme le seul terme des maux qui les déchirent, comme le seul point de ralliement qu'on puisse offrir aux partis divisés ?

Et si vous en êtes instruits, représentans du peuple, si vous en conservez le souvenir, que tardez-vous de remplir ses vœux ? Dépositaires de ses intérêts les plus xhers, seriez-vous indignes de sa confiance ? Seroit-il vrai qu'une faction liberticide a pu enchaîner votre zèle ?

(ij Tout cet alinéa fait aliusicp. à '.z mission d'Amar et Merlino. Il indique aussi qu'au mois de juin nombre de leurs victimes étaica. encore privées de leur I.berté.

Législateurs, nous ne vous dirons pas : Etouffez vos' haines invéte'rées ; qu'une re'union sincère répare le scandale de vos séances tumultueuses ; nous le savons, la vertu ne peut s'allier avec le crime.

Mais nous vous dirons avec la franchise qui convient à des républicains : Votre faiblesse creuse le tombeau de la liberté ; c'est elle qui partout a enhardi les méchans ; que votre courage réprime partout leurs fureurs.

Ne souffrez plus que de futiles démêlés viennent interrompre vos travaux.

Abandonnez au mépris et à l'exécration des Français ces dénonciateurs infatigables, qui'' ne veulent point de Constitution, parce qu'elle doit détruire le règne de l'anarchie.

Imposez silence à ces artisans de vos divisions et de nos malheurs, qui n'ont emprunté le masque de la popularité que pour asservir ce même peuple dont ils se disent les amis. Les monstres ! et ils ne cessent de l'égarer, et ils lui enlèvent ses mœurs, et ils lui apprêtent des fers !

Déployez, Représentants du peuple, déployez avec énergie ces immenses pouvoirs qu'ils ne vous a confiés que pour lui donner des loix, fondées sur les droits de l'homme, et pour les faire observer. Frappez, les républicains sont là pour vous soutenir.

Qu'une responsabilité réelle venge ces milliers de victimes que vos insolens proconsuls, dans leur ivresse sanguinaire, désignoient aux coups assassins de leur vils satellites.

Que le glaive de la loi se promène sur toutes les têtes.

Qu'il atteigne, sur leur trône de révolte, ces tribunes tumultuaires, ces pétitionnaires audacieux, qui attentent au droit du souverain, et avilissent sa représentation.

Qu'il frappe les magistrats de cette commune domina,-

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