CHAPITRE PREMIER
des troupes de Lyon qu'afin d'y rétablir l'ordre et d'y maintenir la souveraineté nationale, et qu'ils emploieraient tous les moyens possibles pour prévenir Teffusion du sang. Gauthier ajouta qu'il avait été « calomnié ainsi que ses collègues, mais que la vérité serait connue, et qu'il ne doutait pas que leur conduite ne fût approuvée par les véritables amis de la République-, qu'au lieu d'avoir ordonné des incarcérations dans le département de l'Isère, comme on les en accusait, ils avaient rendu la liberté à plusieurs citoyens (i\ dans l'espérance qu'ils seconderaient désormais l'exécution des décrets de la Convention. »
Le président termina la séance en rendant compte des mesures prises pour le succès des réquisitions, et en déclarant que les administrateurs étaient entièrement soumis au pouvoir exécutif.
A juger des intentions des représentants par leurs discours d'apparat, on croirait que Dubois- Crancé et Gauthier n'allaient qu'à contre-cœur assiéger Lyon, qu'ils étaient désolés de leur mission rigoureuse. Mais comment concilier leur humanité prétendue avec le ton dégagé de la lettre suivante, qu'Amar lut à la Convention le 1 1 août :
i) Pas au docteur Martin (voir la fin du précédent chapitre).
Près de Bourg, le 6 août.
Dites à la Convention que nous partons avec Kellermann de Bourg sur Lyon. Nous attaquerons vendredi avec vingt -mille hommes qui ont tous juré de rétablir le règne de la loi dans cette ville , et nous le rétablirons.
Nous les sommerons; une heure après, nous les bombarderons. Les Marseillais, chassés du Comtat, ont lui dans leurs repaires où nous les attaquerons bientôt ; les deux rives du Rhône que nous avons purgées de la horde des rebelles ont accepté la Constitution.
Kellermann va bien ; la paix sera incessamment rétablie dans le Midi. Gauthier, Dubois-Crancé (i).
Le camp de Bourg fut porté le 7 à Miribel. Les troupes étaient sans doute parties la veille avec les deux représentants. Kellermann ne partit que le 7, et, avant son départ, il laissa le commandement de la place à un chef de bataillon, dont la commission est ainsi transcrite sur le registre municipal :
Nous, François-Christophe Kellermann, général des armées de la République française, commandant en chef celle des Alpes et d'Italie.
Ordonnons au citoyen Murot, chef de bataillon de i'Ardèche, de rester à Bourg pour y prendre le commandement temporaire de la place jusqu'à nouvel ordre.
Au quartier général de Bourg le 7 aoust 1793, an 2^ de la République.
Le général de l'armée des Alpes et d'Italie^ Kellermann.
(0 Bulletin-national on papier-nouvelles de tous les pays et de tous les jours, w 223, du 12 août 1793. '