CHAPITRE PREMIER. 3g
girondine malgré la défection des administrateurs. Il est à croire du reste que la résistance fut générale, que dans la plupart des communes les gardes nationaux ne marchèrent sur Lyon qu'à leur corps défendant. Car, peu de jours après, le 21 août, les proconsuls essayèrent d'arrêter la désertion par des menaces furibondes.
Si dans le délai de 24 heures, les citoyens qui ont quitté leur poste n'ont pas rejoint leurs drapeaux, les corps administratifs et municipalités en dresseront la liste.. Cette liste sera adressée aux représentants du peuple dans les trois jours... Les citoyens qui la composeront seront désarmés et privés pendant six ans du droit d'élire et d'être élus à aucune sorte de fonctions publiques. La liste de ces lâches ou de ces traîtres sera par nous adressée à la Convention nationale, avec invitation de la rendre publique par la voie de l'impression et de l'envoi à tous les départements et aux armées...
Fait au quartier général de la Pape, ce 21 août 1793, lan second de la République une et indivisible.
Signé : Dubois-Crancé, Claude Javogues et Sébastien De Laporte (i).
On se moqua de cet arrêté. Le commandant Murot ne put obtenir, le 26 août, cinquante gardes nationaux pour escorter les canons envoyés à Belley.
(i) Arrêté des représentants du peuple envoyés près l'armée des Alpes el dans les départements de Saône-et-Loire, Rhône-et-Loire et l'Ain, concernant les gardes nationales requises qui ont abandonné leurs drapeaux. ^ Bjurg, 4 p. in-4». — Ph. L. D.
L'armée partie de Bourg était à peine arrivée en vue de Lyon qu'un détachement de quatre à cinq cents hommes fut envoyé en reconnaissance par le général de Précy (i). Ce détachement bivouaqua dans la plaine de Roye^ et se tint prêt à la première attaque.
Le lendemain matin, 8 août, Kellermann fit porter à Thôtel-de- ville, par un trompette, T ultimatum de Dubois-Crancé et Gauthier. Pour qu'on apprécie cette pièce comme elle le mérite, faisons connaître d'abord la protestation qui leur fut adressée, le 6 août, ainsi qu'à leurs collègues Albitte, Reverchon et de Laporte par les administrateurs des districts de la ville et de la campagne, réunis aux délégués des assemblées primaires :
Citoyens représentants,
Nous avons accepté la Constitution ; nous reconnaissons la Convention nationale comme centre d'unité ; nous obéissons à ses décrets ; et cependant, par votre arrêté du 25 juillet dernier, vous avez requis une force armée pour marcher contre nous, et vous paraissez encore aujourd'hui persister dans les mêmes desseins.
La Constitution, dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, consacre, article IX, que la loi
[i) Le comte Perrin de Précj-, lieutenant-colonel de la garde constitutionnelle de Louis XVI. connu par ses qualités militaires et son caractère énergique, avait été choisi à Tunanimité, le 8 juillet, parla commission de salut public, pour commander la défense de Lyon.