AVRIL
An 4e de la Liberté.
De la part du Roi des François Au nom de la Nation.
La guerre est déclarée au Roi de Hongrie et de Bohême.
Signé : LOUIS. Et ^ plus bas : Roland. Certifié conforme à l'original.
A Paris, de l'imprimerie royale. 1792 (i).
La guerre était, dit Tabbé de Montgaillard, [( lobjet des impatients désirs des républicains, du peuple parisien, des ambitieux de tout étage, des facdeux de toutes les couleurs, de la reine, et sur- :oiit des émigrés de Coblentz. » Les divers partis a voulaient donc, les uns rêvant le triomphe, les îU':res l'anéantissement de la monarchie, et le
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plus grand nombre la consolidation de la royautc constitutionnelle. L'armée en accueillit la nouvelle avec le plus vif enthousiasme.
A Strasbourg, le baron de Diétrich, maire patriote, donna un repas, le 24 avril, à Toccasior du prochain départ des volontaires, et demanda un chant de guerre à Tun de ses convives, qu'i savait poète et musicien. Ce convive, ami de h maison, était un jeune capitaine de génie (32 ans\ né à Montaigu, près de Lons-le-Saunier : c'étaii Rouget de Lisle. Dans la nuit, Tofficier artiste composa les paroles et la musique de ce chani énergique nommé d'abord le Chant de Vartnée dh Rhin^ puis V Hymne des Marseillais et enfin Le Marseillaise.
Certes, on ne peut nier que La Marseillaise h'ait été l'hymne de la patrie et qu'elle n'ait conduit nos soldats à la victoire. Mais commeni oublier qu'elle fut aussi l'hymne de la Terreur ei qu'elle accompagna des milliers de victimes à l'échafaud ? Que le ministre de la guerre, M. Grèsley, ordonne à ses musiques militaires (i) d'exécuter cette entraînante mélodie, quand nos bataillons passeront la frontière et seront devant l'ennemi : rien de mieux ! Mais qu'il nous oblige à l'entendre dans nos rues et sur nos premenades pubHques, nous, paisibles citoyens, nous qui nous rappelons
(i) Discussion du 4 février 187g à la Chambre des Députés.