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CHAPITRE IV

COUPLET A l'arbre DE LA LIBERTÉ

Arbre chéri, deviens le gage

De notre espoir et de nos vœux :

Puisses-tu fleurir d'âge en âge

Et couvrir nos derniers neveux ! [bis)

Que sous ton ombre hospitalière

Le vieux guerrier trouve un abri !

Que le pauvre y trouve un ami !

Que tout Français y trouve un frère !

A propos de la reprise de la Marseillaise par les musiques militaires, un « homme qui lit » a communiqué au Salut public de Lyorf, n° du 19 février 1879, le couplet que voici :

Que l'amitié, que la patrie Fassent l'objet de tous nos vœux ; Ayons toujours l'âme nourrie Des feux qu'ils inspirent tous deux.

Soyons unis, tout est possible :

Nos vils ennemis tomberont ; Alors les Français cesseront De chanter ce refrain terrible :

Aux armes, citoyens, etc.

L'homme qui lit, mais qui ne lit pas assez, croyant à l'authenticité de ce couplet, Fa exhumé pour démontrer, par le témoignage même de Rouget de Lisle, que la Marseillaise, inspirée pour la défense de la patrie dans une circonstance

exceptionnellement critique, ne devait plus frapper nos oreilles.

Etant apocryphe, ce couplet n'a aucune valeur probante, et ne le fût-il pas, il ne nous apprendrait rien de nouveau sur les intentions de Tauteur. Quiconque, en effet, a lu dans le recueil de 1826, la note préliminaire des six couplets authentiques, est bien convaincu que Rouget de Lisle, royaliste constitutionnel, destitué après le 10 août, proscrit et incarcéré pendant la Terreur, ne les a composés ni pour chanter la République, ni pour embellir nos fêtes civiques, ni pour applaudir aux passions et aux excès de la démagogie, et qu'en 1879 comme en 1793 on a étrangement dénaturé sa pensée en les adoptant comme le chant national de la France républicaine. Rouget de Lisle n'a jamais crié Vive la République ! Il n'a crié que Vipe le Roi !

Vive le Roi !

Noble cri de la vieille France, Cri d'espe'rance,

De bonheur, d'amour et de foi (i) !

L'abus que les ultra-patriotes firent bientôt de l'hymne des Marseillais, en l'appliquant aux ennemis de leurs doctrines, donna l'idée à un gentilhomme de retourner contre eux ce chant de mort.

(i) Extrait de son Chant du Jura composé en 1814, le 37e de ses Cinquante chants français dqà cités.

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