II
létaires calmes dans leurs triomphes , généreux et civilisés dans leur force, animés de l'instinct de Tordre, levés contre ce qu'ils croyaient l'anarchie pour soutenir un gouvernement qu'on leur disait menacé, n'étaient plus le peuple brutal de 1793 mais le peuple de 1848 présage d'une autre civilisation.
Lamartine sortit seul à pied à la nuit tombante de l'Hôtel de Ville. Il passa deux heures inconnu et mêlé dans la foule à l'extrémité de la rue Saint- Honoré sur la place Vendôme contemplant le défilé muet de cette multitude.
Les costumes de ces hommes étaient décents, leur pas militaire, leur physionomie inspirée d'un rayon de force et de paix, on voyait qu'ils craignaient d'effrayer les citoyens et les femmes. Terribles par le nombre rassurants d'esprit. Paris tremblait sous leurs pas. Pendant douze heures il n'y eut pas un cri démagogique, pas un signe de terreur, pas une insulte, pas une violence, pas un accident à déplorer dans cette foule. Elle respecta tout et elle-même elle se respecta.
> Lamartine rentra au ministère des affaires étrangères incertain de la signification que l'opinion publique donnerait le lendemain à l'événement, il