‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 143 sur 244 · LIVRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIEME

les Alpes à l'armée française, ou pour agir, ou pour négocier les armes à la main.

Ce plan qui résumait toute la politique de Lamartine en Italie a été brisé après les événements de juin par le gouvernement qui lui a succédé. 11 ne connaît ni les nécessités ni les motifs de ce se* cond gouvernement de la République. Il ne juge pas, il raconte.

Quant à l'Allemagne le gouvernement provisoire n'avait qu'un plan : une respectueuse et bienveillante neutralité envers toutes les puissances germaniques. L'amitié de l'Allemagne reconquise à tout prix par l'abnégation de toute conquête et de toute immixtion dans ses affaires ; une armée de deux cent mille hommes pour couvrir le Rhin en six semaines et le franchir comme auxiliaire dé-r sintéressé à l'appel du peuple allemand ; si l'Allemagne l'appelait contre une oppression étrangère.

Toute politique française, allemande, hongroise et polonaise était là. rien n'a changé de ce côté. mais nous avons perdu l'occasion d'une ligue italienne, la médiation ne pouvait avoir d'effet que sur l'autre revers des Alpes. La démocratie française du reste ne peut accuser qu'elle-même de ces avortements des pensées du gouvernement provisoire sur l'Italie. Ce sont les soulèvements démagogiques et

socialistes de juin qui ont entravé sans doute l'armée des Alpes sous le* gouvernement du général Cavaignac, et amené comme une conséquence fatale l'odieuse guerre de la France contre Rome. Mais la France et l'Italie ne se laisseront pas désunir par des malentendus de gouvernements. Elles ont pour traité la nature.

Telle était la situation de la France au dehors au commencement d'avril. L'Angleterre , ramenée par la sage modération du gouvernement aux sentiments, au respect et à l'admiration pour une démocratie qui contenait ,à la fois l'anarchie et la guerre, n'avait aucun prétexte d'aigreur ou d'hostilités. La nouvelle République française était populaire à Londres.

Un seul homme la calomniait dans ses paroles et dans ses écrits dans toute la Grande-Bretagne. C'était lord Brougham, esprit éininent, mais capricieux et discors. Écrivain universel, mais superficiel, orateur de verve mais non de génie, parvenu lui-même de la démocratie, lord Brougham affectait le rôle posthume de Burke contre une république qui n'avait ni le sang d'une reine ni même le sang d'un seul citoyen sur les mains. Ses diatribes mouraient d'inanition et d'impuissance. Ses sarcasmes

Page 1