‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 207 sur 216 · LIVRE gUINZIÈMi:. i'VS · texte numérisé non relu

LIVRE gUINZIÈMi:. i'VS

Il était nuit. Le feu avait cessé partout. Pendant l'absence de Lamartine, ses collègues, Arago, Garnicr- Pagès, Marie, Pagnerrc, étaient allés visiter les mairies, et animer les gardes nationaux de leur exemple et de leurs exhortations. Ledru Rollin était resté à la présidence pour l'expédition des ordres d'urgence, et pour surveiller les dangers éventuels de l'Assemblée.

A minuit, les régiments les plus rapprochés et les gardes nationaux des villes voisines entraient en masse par toutes les barrières. La victoire pouvait être lente encore, mais elle était désormais assurée.

Cependant la confiance rentrée dans l'esprit du gouvernement n'était pas rentrée dans l'Assemblée nationale. Un parti ombrageux voulait profiter de celte crise pour renverser la commission executive, dont ou continuait de se défier sans fondement. Le lendemain, à huit heures, un certain nombre de représenhinls força la porte du conseil et engagea oflicieusenKMil les membres du gouvernement à donner leur dcMnission. Les membres du gouvernement à riinaniinilc ne demandaient depuis longtemps (pi'à sorlii- (I'ufk^ situation oii le dévouement seul les retenait contre t()iil(\s leurs convenances et contre toutes leurs ambitions. Néanmoins, ils ne voulurent pas se retirer an niili.Mi d'une tem|)éte, ni (juitl(M' le champ dc^ bataille en lâches ([ui désertent le [jouvoir pendant le combat .

454 nfiVOLUTION DE 4 848.

Lamartine, Garnicr-Pagès et Barthélémy Saint-lïilaire, se soulevèrent avec énergie contre cette insinuation :

« Que l'Assemblée nous destitue et nous remplace, « dirent-ils, nous obéirons en bons citoyens, la desti- « tution sera un ordre. Mais notre retraite volontaire « en un pareil moment serait un déshonneur! »

A dix heures, l'Assemblée en permanence donna tous les pouvoirs civils au général Cavaignac, à (jui ils avaient confié eux-mêmes la veille tous les pouvoirs militaires, f.amartine écrivit au nom de ses collègues la lettre suivante à l'Assemblée :

(( Citoyens représentants,

« La commission du pouvoir exécutif aurait man- (( que à la fois à ses devoirs et à son honneur en se « retirant devant une sédition et devant un péril public. u Elle se retire seulement devant un vote de l'Assem- (( bléc. En vous remettant le pouvoir dont vous Taviez « investie, elle rentre dans les rangs de rAssend)léo (( nationale pour se dévouer avec vous au danger x< commun et au salut do la République. »

Tel est le récit des principaux événements auxquels j'ai parlicij)é pendant les deux premières périodes do la révolution do 1848 et do la fondation des institutions républicaines en Franco. Les destinées do la

Page 1