PREMIERE PARTIE
iiii ,111111 ii;iiiiiiii!!ii'iiiii;iiiiiij i.;riiiiii';':.";iiiiiiiii;iiii!iiiuiii ] |ii,|||||l||||iî|! iiy
rRIDlTs-E DES JOURNALIiTES A L\ CHAMBRE DES DtPUTÉS (H. iî).
cessamment soumis à la délibération des Chaml)res , \a mettre un terme définitif à cette sorte d'abus.
Une pompeuse apologie de lui-même, de ses amis, de leur moralité politique, suivie de la menace habituelle de démission si le vote qui va suivre témoignait du moindre affaïllissement dans la confiance de la majorité, accompagne ce nouveau défi jeté à l'honnêteté publique. Mais le défi est relevé aussitôt par MM. Thiers et Dufaure qui repoussent avec indignation , comme l'avaient déjà fait MM. Mole, Passy et d'Argout, la solidarité de ces actes que le président du conseil appelle à& petits faits, mais que M. Dupin qualifie de stellionat et de simonie politique. « Il y a longtemps, s'écrie M. IJarrot dans cette discussion toute brûlante de personnalité, il y a longtemps que je savais que nous ne nous
comprenions plus en politique; mais je croyais que sur les choses de l'honnêteté nous nous comprenions encore. » Mais le parti pris de la majorité conservatrice est inébranlable. Elle rejette obstinément deux ordi-es du jour pioposés par MM. Lherbette et Darblay afin de constater le mécontentement de la Ciiambre. Par l'adoption de l'ordre du jour de M. de Peyramont, elle renouvelle le pacte honteux qui l'asservit aux volontés de M. Guizot; puis on passe à la discussion de l'adresse (1).
Le premier débat s'engage par un exposé complet de notre situation financière, dont M. Thiers signale les périls avec une clarté et une précision implacables (2). Le chifl"re de la
(1) La commission, composée de neuf diï])ntés ministi'riela, ce qui ne sVt.iit pas vu depuis le ministère de Jl. de ViUclc, av.iil clioisi JI. Vitet pour son lapporteur.
(2) l.e Icndtmain, 'M janvier, un lisait dans le NaiimU ua connuent:iu-e ellVayaut du discours do M. TUiers : ic (^uel hé-
DANIEL STERN
dette flottante dépasse de plus de deux cents millions celui que les plus alarmistes avaient osé supposer, et M. Thiers démontre qu'il est absolument impossible d'enra^yer sur cette pente fatale. 11 résume en ces termes la situation : « Un budget ordinaire en déficit soldé tous les ans avec les réserves de l'amortissement qui devaient suflire au budget extraordinaire; un budget extraordinaire soldé avec des réserves futures et en attendant avec la dette flottante; enfin la dette flottante que vous diminuez de temps en temps par un emprunt resté au-dessus des limites raisonnables, au-dessus des limites de la prudence. »
La Chambre, qui prête toujours une attention scrupuleuse aux paroles de M. Thiers, parait frappée de ce tableau. L'inquiétude sur l'état des finances est la seule émotion dont la majorité soit encore susceptible. Elle se rencontre un instant sur ce point avec la minorité dans un sentiment de défiance pour le cabinet; elle écoute avec incrédulité MM. Dumon et Duchàtel. Ceux-ci d'ailleurs, aux accusations de M. Thiers, ne peuvent opposer qu'un vague tableau des prospérités du pays et ne persuadent personne. Les coups de M. Tliiers ont porté juste. Les attaques d'un homme qui connaît les affaires pour les avoir longtemps pratiquées jettent l'alarme dans tous les partis et blessent par le côté le plus vulnérable le cabinet conservateur. A quelques jours de là, on peut s'apercevoir aussi que le vote de la mnjorité n'est plus suffisant pour absoudre le ministère et que la pression de l'opinion publique s'exerce avec plus de force, car elle oblige les députés à revenir encore sur cette honteuse a faire Petit, que M. Guixot et ses adhérents voudraient à tout prix étouflTer. A propos du quatrième paragraphe de l'adresse, qui promet au roi le concours des Chambres pour adoucir le sort de
rit»ni<, ilianit'On m »'ii<Irff(«niit mi miiiiiUTO, luisferez-voii» ■u iMijft? ({uol Oit In •IrriMiT Ifrnic proclmin pnil-f(re <lo *<.lr« •yti-ni*? Il Uiit dirn l« mot, cV»t In buiiquiriiutp. Av.ic- l.i ilnr^'o dn c< <|iii c«t, il n'y n l'Ui il'iiiitru iiimi« : lu hiini\<t't'iait |,iir I» jwix, la lmiii|.ifn>uU' cumiui rtItulUt iirrmiuia/«illibU do ctlt* jiul.ii>|U« d'urdro, i
ceux dont le travail est Vtmique ressource. M. de Tocqueville, après un long tableau de la dégradation des mœurs publiques et privées, accuse de cette dégradation le gouvernement, et en particulier M. Guizot, qui a perdu, ditil, depuis la révélation des trafics auxquels on se livre sous ses auspices, son prestige d'austère probité. Comme si les paroles de M. de Tocqueville n'eussent pas été assez explicites, M. Billault, reprenant le même thème, formule un acte d'accusation en règle et somme le ministre de confesser la part qu'il a dans cette affaire, ou bien de destituer son chef de cabinet, M. Génie.
M. Janvier répond à cette accusation par une apologie complète, très-hasardée en pareille circonstance, du ministère. Il vante, au milieu des rires et des interruptions les plus insultantes, l'élévation du caractère de M. Guizot et déclare que les conservateurs continueront à le soutenir, parce que quelques fautes récentes ne leur feront point oublier de si longs services rendus.
Ces louanges et ces attestations de moralité sont suivies d'un discours assez ambigu de M. Dufaure, qui adopte l'amendement de M. Billault comme un avertissement conciliahle avec Veslime. Mais M. Duchàtel repousse même cet avertissement adouci, et la majorité rejette l'amendement. Les questions de probité ainsi écartées, ou passe rfux questions politiques.
Les afl'aires d'Italie sont portées à la tribune par M. de Lamartine. La plus grande fermentation continuait à régner d'une extrémité à l'autre de l'Italie. L'Autriche redoublait de rigueur en Lombardie; les prisons se remplissaient; des rixes continuelles entre les étudiants et la force armée ensanglantaient Milan et Pavie; les soldats se portaient aux plus graves excès, et les proclamations brutales du maréchal lladelzki semblaient les y encourager. Ne pouvant encore se venger par une voie plus directe, la population milanaise essayait de tarir une dos sources ihi revenu de l'Autriciio en reiioinjant subitement à lusagts