TROISIEME PARTIE
En cette circonstance si grave, il considérait comme un devoir rigoureux de ne rien épargner pour prévenir l’efFusion du sang. Mais l’attitude et le langage des parlementaires lui enlevèrent bientôt toute espérance.
« Général, lui dit en l’abordant d’un air hautain le chef de la députation, qui portait les épaulettes de capitaine de la garde nationale et qui, depuis le matin, commandait l’insurrection dans la Cité, je viens vous sommer d’obéir au peuple et à la garde nationale de Paris. Le peuple veut la reddition de l’Hôtelde-Ville et la dissolution de l’Assemblée ; ce qu’il veut, il l’obtiendra de gré ou de force. L’armée ne tardera pas à se joindre à lui. Déjà, vous le voyez, la garde républicaine que vous avez envoyée contre nous a passé derrière nos barricades, le peuple... — Monsieur, interrompit le général avec indignation, I
je ne reconnais d’autre peuple que celui qui a nommé l’Assemblée constituante. Quant à l’armée, elle est fidèle à son devoir et vous le prouvera tout à l’heure en balayant vos barricades ! »
Un murmure prolongé accueillit ces paroles. Le général n’en tint pas compte ; il essaya encore, avec une patience admirable, de faire entendre la voix de la raison à ces hommes exaltés. Mais aucun raisonnement, aucune explication, ne touchaient ni leur esprit ni leur cœur. Le général Bedeau apprit en même temps que d’autres tentatives, faites par les hommes les plus connus du peuple, avaient été repoussées.
La proclamation du maire de Paris aux ouvriers, bien qu’elle leur promît que la constitution garantirait le droit au travail (1),
(1) Dans le premier projet de constitution, publié lo