‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 4)Chapitre 58 sur 61 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Arrêté le 19, distribuant dans un ^onpe de rUAtel de Ville des chansons en laveur de Louis Napoléon

Arrêté le 18, porte Saint-Denis, dans un ratsemilement, où il ci’iait ; Vite Barbe»! et Vive Napoléon!

Frappant un K'anlien.) , . , .

Criant : «bj: nrni«.'. . ‘*®

Jetant des pierres. . .) . . . . .

Report, parti Barbés. . 1,114 11 y a eu sur ce point arrestation de SO

Il y a eu sur ce point arrestation de 6

Il y a eu sur ce point, le il, arrestation de 17

Total pour les atlronpetnents . . . 1,157

aiCAFITDLiTIOH OéséRÀLE DES AHEESTATIOES FAITES DU 15 Mil AO ü ADIE

Pour le complot du 15 mai ISO

Pour diverses manifestations du parti Barbés. . . 4.5

Pour le parti d'Henri V 36

Pour le parti napoléoniste 58

Pour le parti philippiste 1

Pour les attroupements sur divers points. . .'. . 1,157

Total. . . 1,417

DOCUMEMS HISTORIQUES.

PROJET DE PROCLAMATION PRf;SENTÉ PAR T. COHSIOfRANT.

h’Astemblie nationale aux ouvrier» de Paris.

Ouvrière nos frères !

Une affreuse collision vient d’ensanglanter les rues de la capitale. Une partie d’entre vous ont contraint le gouvernement, pour sauver la République, de tourner contre eux des armes françaisrs.

Des républicains, des frères ont versé le sang de leur frères I

Au nom de la patrie, au nom de la Révolution qui doit vous émanciper, au nom de l'humanité dont nous voulons tous assurer et orpraiiiser les droits sacrés, jetez, jetez ces armes tratricides.

Est-ce pour nous entre-déchirer que nous avons conquis la République? que nous avons proclamé la loi démocratique du Christ, la sainte fraternité?

Frères, écoutez-nous, écoutez la voix des représentants de la France entière : Vous êtes victimes d’un malentendu fatal!

Pourquoi vous êtes-vous soulevés? Les souffrances que nous ont léguées dix-huit mois de crise industrielle et dix-sept années de corruption monarchique n’atteignent-elles pas toutes les classes?

Écoutez-nous : Ici ce sont des chefs d’industrie qui accusent les ouvriers et les ateliers nationaux de la ruine des affaires; là, des ouvriers accusent les chefs diindustrie de leur détresse.

Cette accusation réciproque n’est-elle pas une erreur funeste? Pourquoi accuser les hommes et les classes? pourquoi nous accuser les uns les autres de souffrances engendrées par la fatalité des choses; de souffrances, héritage d’un passé que tous nous voulons transformer?

Est-ce en nous massacrant que nous nous enrichirons? Est -ce en nous égorgeant que nous fonderons l’ère de la fraternité? Depuis quand la haine et la guerre civile sont-elles productives et fécondes? Où sera le travail si l’émeute agite incessamment Paris? Où sera le pain pour tous, si toutes les industries sont arrêtées par la terreur sanglante de la rue?

Ouvriers nos frères, nous vous le répétons, vous êtes victimes d’un malentendu fatall

Ouvriers, on vous trompe, on vous inspire contre nous le doute, la défiance et la haine I On vous dit que nous n’avons pas au cœur le saint amour du peuple; que nous n’avons pas de sollicitude pour votre sort; que nous voulons étoufler les développements légitimes du prin-

DOCUMENTS HISTORIQUES. 5U3

cipe social de la révolution de Février : on vous trompe, frères, on vous trompe I

Sachez-lc, sachez-le bien : Dans son âme et dans sa conscience, devant Dieu et devant l’humanité, l’Assemblée nationale vous le déclare ; elle veut travailler sans relâche à la constitution défmiiive de la fraternité sociale.

L’Assemblée nationale veut consacrer et développer par tons les moyens possibles et pratiques le droit légitime du peuple, le droit qu’a tout homme venant au monde de vivre en travaillant.

L’Assemblée nationale veut consacrer et développer, par des subventions et des encouragements de toutes sortes, ce grand principe de l’association destiné à unir librement tous les intérêts, tous les droits.

L’Assemblée nationale veut, comme vous, tout ce qui peut améliorer le sort du peuple dont elle émane; relever la dignité du travailleur; rapprocher fraternellement tous les membres du grand corps national.

FrèresI frères! laissez à vos représentants le temps d’éludier les problèmes, de vaincre les obstacles, de reconstruire démocratiquement tout un ordre politique et social renversé en trois jours par une victoire héroïque; et ces-sez, ohl cessez de déchirer par des collisions sanglantes les entrailles de la patrie!

l’assemblée NATIOMALE a la 6ABDE MATIOIIALE.

Gardes nationaux I

Vous avez donné hier, vous ne cessez de donner des preuves éclatantes de votre dévouement à la République.

Si l’on a pu se demander un moment quelle est la cause de l’émeute qui ensanglante nos rues, et qui tant ^e lois, depuis huit ji.urs, a changé de prétexte et de drapeau, aucun doute ne peut plus rester aujourd'hui, quand déjà l'incendie désole la cité, quand les formules du communisme et les excitations au pillage se pro-luisenl audacieusement sur les barricades.

Sans doute la faim, la misère, le manque de travail sont venus en aide à l'émeute.

Mais, s'il y a dans les insurgés beaucoup de malheureux qu’on égare, le crime de ceux qui les entraînent et le but qu'ils se proposent sont aujourd’hui mis à découvert.

Ils ne demandent pas la République. Elle est proclamée.

Le suffrage universel. 11 a été pleinement admis.

Que veulent-ils donc? On le sait maintenant : ils veulent l’anarchie, l’incendie, le pillage.

Gardes natlonauxl unissons-nous tous pour défendre et sauver notre admirable capitale.

I.'As.scmblée nationale s’est déclarée en permanence. Elle a concentré

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DOCUMENTS JUSTOIUQUES.

dans la main du brave général Cavaignac Ions les pouvoirs nécessaires pour la defense de la République.

De nombreux représentants revêtent leurs insignes pour aller se mêler dans vos rangs et combattre avec vous.

I/.\ssembléc n'a reculé, elle ne reculera devant aucun effort pour remplir la gi'aiicle mission qui lui a c’é confiée. Elle fera son devoir coinme vous faites le vôtre.

Gardes nationaux! comptez sur elle comme elle compte sur vous.

Vive la République !

Le président de l'.Vssemblée nationale,

SrxAiiD.

Le 2i juin 1818.

eRocusATiox nn céxÉRAi. cavaiumac, 24 juix. Auy; iiuurgti.

Citoyens I

Vous croyez vous battre dans l’intérêt dos ouvriers ; c’est contre eux que vous combattez; c'est sur eux seuls que retombera tant de sang versé. Si une pareille lutte pouvait se prolonger, il faudrait désespérer de la République, dont vous voulez assurer le triomphe irrévocable.

Au nom de la patrie ensanglantée,

Au nom de la République que vous allez perdre,

Au nom du travail que vous demandez et qu'on ne vous a jamais refusé, ti-ompez les espérances de nos ennemis communs, mettez bas vos armes fratricides, et comptez bien que le gouvernement, s’il n'ignoi-e pas que dans vos rangs il y a des instigateurs criminels, sait aussi qu’il s’y trouve des frères qui ue sont qu’égarés et qu'il rappelle dans les bras de la patrie.

Le général Cavaissac.

A I.A GAtlDK XATIOSALE.

Citoyens I

Votre sang n’aura pas été versé en vain. Redoublez d’efforts, répondez à mon appel, et l’ordre, grâce à vous, grâce au concours de vos frères de l'armée, sera rétabli.

Ce n’est pas seulement le présent, c'esi l’avenir de la France et do la République que votre héroïque conduite va assurer.

fiigilized.!

DOCÜMKSTS IIISTOIUQIIES. 595

Rion ne se fonde, rien ne s’établit sans douleurs et sans sacrifices; soldais volontaires de la nation intelligente, vous avez dit le comprendre.

Ayez confiance dans le clief qui vous commande, comptez sur lui comme il pi iit compter sur vous.

La force unie à la raison, à la sagesse, au bon sens, à l’amour de la patrie, ii'ioinpliera des ennemis de la République et de l'ordre social.

Ce que vous voulez, ce que nous voulons tous, c’est un gouvernement ferme, sage, honnête, assurant tous les droits, garantissant toutt's les libertés; assez fort pour refouler toutes bîs ambitions personnelles; assez calme pour déjouer toutes les intrigues des ennemis de la France.

Ce gouvernement vous l’aurez, car avec vous, car avec votre concours entier, loyal, synipatbiipie, un gouvernement peut tout faire.

Le général Cavaigvac.

Auv armes!

Nous voulons la république démocratique et tociaJe!

Nous voulons la souveraineté du peuple!

Tous les citoyens d’une république ne doivent et ne peuvent vouloir autre chose.

Pour défendre celle république, il faut le concours de tous. Les nombreux démocrates qui ont compris cette nécessité sont déjà descendus dans la rue depuis deux jours.

Cette sainte cause compte déjà beaucoup de victimes ; nous sommes tous résolus à venger ces nobles martyrs ou à mourir.

Alerte, citoyens ! que pas un seul de vous ne manque à cet appel.

En défendant la rcpubli(|uc nous défendons la propriété.

Si une obstination aveugle vous trouvait indiiférents devant tant de sang répandu, nous mourrons tous sous les décombres incendiés du faubourg Saint-Antoine!

Pensez à vos femmes, à vos enfants, et vous viendrez à nous I

IIUCIIMENTS HISTORIQUES.

DKPOilTIOK DR M. DE CUISE, CBIRDRGIEX EN CHEF DE L\ GARDE NATIONALE.

{H juillet 1848.)

« J'ai vu un grand nombre de blessés dont les blessures sont fort graves. Toutes les balles (jue j’ai extraites ne présentent rien d’anormal, quelques-unes sont déformées, d'autres sont perforées, et au milieu on a introduit des substances blaiicliâires. Je n’ai pas vu de balles ayant une forme particulière ou màciiée. >

M. de Guise emporte plusieurs balles et cartouches pour examiner les formes particulières qu’elles pourraient avoir et. reconnaître les substances dans lesquelles elles auraient pu être trempées.

M. de Guise reprend :

« J’ai été chargé par M. le général Changarnier d’une mission analogue aux désirs de vos questions, sur l'état ou la forme des balles qui ont été extraites du corps des blessés par mes différents collègues des hôpitaux et des ambulances. Je n'ai pu encore accomplir cette mission, dont je vous rendrai compte dès qu’elle sera terminée.

• J’attribue la gravité des blessures que je vous ai signalée à la proximité des coups de feu. Ainsi, il y a à l’ambulance des Tuileries un insurgé qui a eu la cuisse traversée par un coup de baïonnette, suivi immédiatement du coup de feu.

« J’ai reconnu que les insurgés s’étaient servis de toute espèce de projectiles, tels que billes, aiguillqs, pincettes, etc., dont la portée est moins grande.

€ J’ai examiné le caveau dans lequel sont placé-s les insurgés aux Tuileries, et j’ai reconnu les dangers de l’état sanitaire de cette agglomération d’individiLs et de morts, par suite de l'ordre qu’avaient les gardes nationaux de tirer sur ceux qui ébranleraient les barreaux des fenêtres. J’en ai fait un rapport au général commandant Poncelet, qui en a fait, dès ce soir môme, extraire une grande partie.

« C’est à cette occasion qu'il faut rattacher le déplorable événement de la place du Carrousel.

« La mortalité, par suite des blessures reçues en juin, est hors de proportion avec ce qui a lieu ordinairement. Comme je l'ai déjà dit, il faut attribuer celte gravité des blessures qui ont entrahié la mort à la proximité des coups portés, qui cassaient les membres en les traversant.

• Cette mortalité se remarque surtout chez les blessés dont on a différé l’amputation. »

DOCUMENTS IIISTOIUQUES.

PKOCLAMATIO!« DD ntn.T DE POLICE ADX RABITAETS DE PARIS.

(26 juillel 18*8.)

\æ nombre total des citoyens détenus par suite des événements de juin s'élève à cette heure à neuf mille cent soixante-dix-neuf; c’est le chiffre le plus élevé qui ait été atteint. En ce qui concerne le régime auquel ces citoyens sont soumis et les soins qui leur sont donnés, il sufUra, pivur répondre A tout ce qui a été avancé d'inexact à cet égard, de dire que, sur ce nombre de prisonniers, on a seulement deux décès à constater.

En6n, c’est surtout au sujet des bruits alarmants répandus dans le public sur une procliaine tentative d'insurrection que la malveillance s’est donné carrière. Toutes ces rumeurs étaient sans fondement. Ces souterrains dont il a été tant parlé n’ont jamais existé. Ces carrières on se réfugiaient des légions d'ennemis et où se trouvaient d’immenses dépôts d’armes, ont constamment été explorées avec le soin le plus minutieux. Ces catacombes qui devaient être converties en mines pour faire sauter des quartiers de la capitale sont inattaquables par la poudre à canon, tant est épaisse la couche de terrain qui forme le recouvrement de ces excavations. Les bruits nocturnes et mystérieux, les prétendus signaux qui alarmaient les passants, ont été le sujet d’un examen sérieux, d’une surveillance active, et toujours une cause simple est venue donner l’explication de ces elTets.

Signé Dscoux.

NOTE SUR LES PRISaPALES CADSES QDI ONT AHEN£ LES éTéNEMENTS DR JUIN, ET SCR LES DIVERS £l£MENT8 DE l’iNSDRRECTION.

Après la révolution de Février, les riches parlaient; les pauvres de tous les pays arrivaient A Paris.

Les uns avaient peur, les autres avaient faim.

Parmi ces derniers, les uns venaient de la province, les autres de l'Italie et de l’Allemagne.

DOCDMENTS HISTORIQUES.

Ceux qui avaient peur cacliaienl leur argent.

Les clul)s se formaient. La cause du riche y était attaquée et n’y était pas défendue, sinon fort mal. Les absents ont tort.

Dans ces circonstances, qu’il n’était point au pouvoir de l’administration de prévenir ou de modifier, iiaissaioiU des haines sociales, la misère et beaucoup de causes proctiaines d’une lutte armée. Le gouvernement organisa les ateliers nationaux. Ce fut peut-être un’expédient mallieureux.

Les ateliers nationaux ont été un des motifs constants de perturbation : les ouvriers y prenaient des tiat>itudes de paresse. Le travail des ateliers nationaux était une fiction. Ce travail était médioci'e ou nul. Si le gouvernement, au lieu d’avoir recours à ce moyen, avait songé à soutenir les grandes industries, il n’auruil pas déplacé tous les corps d'état et amené ainsi, à son insu, une des principales causes de la dernière insurrection.

L’nrdi'e, c’est le travail; mais le travail de chaque ouvrier dans sa spécialité. En dehors de cela, les horlogers, les forgerons, les bijoutière, les charpentiers, etc., rassemblés sur un point, c’est le désordre, c’est le chaos, c’est le fleuve qui sort de son lit pour inonder les campagnes au lieu de les vivifier.

Dans ma pensée, au lieu de créer les ateliers nationaux, on devait prêter aux grandes usines la moitié de la somme qui a été pei-due en travaux infructueux. En agissant ainsi, on laissait chaque travailleur à son atelier; on utilisait sa spécialité, et l’on obtenait mi travail d'une valeur décuple. Les riches, en se rassurant, seraient revenus, et les affaires auraient repris leur cours ordinaire.

Clatse$ qui mt prit part à ïinturreclion.

1° Beaucoup d’ouvriers sans travail qui soutiennent leur famille et qui voient des femmes et des enfants qui ont faim.

2* Des hommes exaltés et probes, mais ignorants et faciles à se laisser tromper. On leur a fait croire que l'Assemblée nationale voulait ramener peu à peu le système suivi par Louis-Philippe.

5* Ces communistes, rêveurs d'utopie, dont chacun a son système, et qui ne sont pas d’accord eiitre eux.

4“ Les légitimistes, qui ont toujours dit qu’il faudrait passer par la république pour arriver à Henri V. Pour eux, le gouvernement républicain n’est qu’une halte d’un moment, mais nécessaire.

5° Les bonapartistes, qui ont joint leur argent à celui des légitimistes pour solder l’émeute.

6" Les partisans de la régence, qui se sont fait remarquer par leur mauvais vouloir lorsqu'il a lallu payer l’impôt.

7“ Enfin, l’écume de tous les partis, les forçats et les gens sans aveu; enfin, les ennemis de toute société, gens voués par instinct aux idées (l’insurrection, de vol et de pillage.

^ Digitizi-

DOCUMENTS IlISTOnîQlES. ' 5'J'J

4’üiu’ CCS hommes, U s vrais coupables, il faut une répi’ession rigoureuse et éiiergkiuc : la peine de mort ou la déportation.

Pour les hommes égarés, du pain et la clémence.

le chef de division de la sûreté générale, Si^ni'' Pasisse.

Daiu un moment où l'issue de la lutte n'était pas douteuse, et où l'on entendait partout des cris de triomphe, pleins d’emporlement et de colère, j’entrai dans le cabinet où se tenaieni les réunions du gouverneineiit. Cavaignac y était avec sa mère. 11 avait la tète appuyé sur ses genoux. Il pleurait.

Je dis à Cavaignac : «Je ne vois (|u’un moyen pour qtie les malheurs d’aujourd’hui n’entrainent pas des malheurs plus grands : il faut que tu prennes la dictature. b’AssemI lée est toute prête à te la donner. Tu es bien sùr de toi. Tu la déposeras dès qu’elle ne sera plus nécessaire. l.a majorité de l’Assemblée est trompée aussi bien que la plupart des insurgés. Elle va vouloir proscrire en masse. Tout ce qui s'est mêlé de près ou de loin à la révolte va former un parti irréconciliable. Ce sera là une menace incessante do guerre civile. La réaction cnininence. Aujourd’hui, elle frappe les insurgés, bientôt, elle viendra jusqu’à nous. Prends la dictature; fais disparaître les vrais auleui-s de l’insuiTection. Tu diras aux révoltés, prisonniers ouau'ros; La République que vous aimez, vous avez failli la tuer on suivant les inspirations de ses ennemis. Ceux-là, nous les punissons. Vous, retournez au travail; on aura soin qu’il ne vous manque pas; et prenez garde de retomber dans les mêmes eireurs; car, vous le voyez, la répression est terrible. » J’ajoutai ; a Ce qui importe, c’est d’atteindre les vrais instigateurs de l’émeute, de ne frapper qu’eux, de faire bien sentir au peuple qu’il a été égaré, trompé par eux. »

Cavaignac me- répondit: « C’est un coup d'État que tu demandes. Uit coup d’État 1 Je n’en veux j'as, je n’en ferai jamais. La France n’en a vu que trop depuis soixante ans. Nous devons, nous, lui en faire perdre l’habitude, au lieu de lui en imposer un de plus. La dictature! tu n’y songes pas. I.Æ dictature, quand nous avons les pieds dans le sang! ('.e serait autoriser le premier venu à tuer des hommes pour arriver au pouvoir. Ce qui manque surtout à ce malheureux pays, c’est le respect de la légalité. Le seul service que nous puissions rendre à présent, c’est d’inspirer ce respect, en en donnant nous-mêmes l’exemple. Il y a aujourd’hui un souverain légitime; c'est l’Assemblée. Si elle veut amnistier, elle fera bien, mais ce n’est pas à moi à choisir |CS coupables. »

DOCUMENTS HISTORIQUES

La conversation fut longue, et je dois avouer que j insistai de la manière la plus pressante, à genoux, près du canapé ( il était assis, et tenant ses deux mains dans les miennes.

e Mon cher enfant (il avait, comme sa mère, l’habitude de m’appeler ainsi, quoique je fusse plus âgé que lui), mon cher enfant, me disaitil en souriant, ne cherebons pas à copier les hommes de la Révolution. S’ils vivaient de nos jours, ils comprendraient, même les plus ardents, que ce n’est pas de l'audace qu’il faut, mais du iesj)oct des lois, et qu’on ne fonde pas la liberté avec des mesures despotiques. » Je le confesse, dans le moment je ne fus pas convaincu; mais je fus forcé au silence et à l’admiration devant cet homme qui se révélait à moi avec une grandeur de caractère que nous ne croyions guère possible que cher les héi-os de Plutarque. D’autres le pressèrent, comme je l’avais fait, et, ainsi que moi, ils le trouvèrent inébranlable. {Mémoires de M. Bastide. Encyclopédie moderne, tome VII, article Juin.)

ns DES OOCOMESTS aiSTOSIQDKS

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