‹ Histoire de la révolution de 1848; (volume 5)Chapitre 20 sur 51 · LE CHEF DU POUVOIR EXÉCUTIF, A LA GARDE NATIONALE ET A L'ARMÉE · texte numérisé non relu

LE CHEF DU POUVOIR EXÉCUTIF, A LA GARDE NATIONALE ET A L'ARMÉE

« Citoyens, soldats !

a La cause sacrée de la République a triomphé. Votre dévouement, votre courage inébranlable, ont déjoué de coupables projets, fait justice de funestes erreurs. Au nom de la patrie, au nom de l'humanité, soyez remerciés de vos efforts, soyez bénis pour ce triomphe nécessaire.

a Ce matin encore, l'émotion de la lutte était légitime, inévitable ; maintenant soyez aussi grands dans le calme que vous l'avez été dans le combat. Dans Paris, je vois des vainqueurs et des vaincus ; que mon nom reste maudit, si je consentais à y voir des victimes.

« La justice aura son cours. Qu'elle agisse; c'est votre pensée, c'est la mienne,

« Prêt à rentrer au rang de simple citoyen, je reporterai au milieu de vous ce souvenir civique de n'avoir, dans ces grandes épreuves, repris à la liberté que ce que le salut de la République lui demandait lui-même, et de léguer un

exemple à quiconque pourra être, à son tour, appelé à remplir d'aussi grands devoirs l.

« Général E. Cavaignac.

«Paris, 26 juin 1848. »

A deux jours de là, le 28 juin, le général Cavaignac venait déposer ses pouvoirs entre les mains de l'Assemblée nationale, qui, en les lui conférant de nouveau pour un temps indéterminé, décrétait qu'il avait bien mérité de la patrie.

1 Les passions politiques se sont efforcées d'enlever au général Cavaignac l'immortel honneur d'avoir conçu et écrit cette proclamation. L'histoire le lui restitue tout entier. Des témoins irrécusables ont vu le général Cavaignac récrire de sa propre main, d'un bouta l'autre, avec une émotion que la seule improvisation comporte. D'ailleurs, je n'. i jamais entendu ni lu, de la voix ou de la main des personnes auxquelles on a voulu en attribuer la rédaction, rien d'analogue.

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