‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 18 sur 81 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

Rétablir sur les ruines de l'autorité catholique un pouvoir religieux qui dirigeât tous les progrès de l'industrie, de la science et de l'art vers ce but suprême : l'amélioration la plus rapide et la plus complète possible du sort de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre^ telle était en substance la conception de Saint-Simon *.

En publiant le Nouveau Monde industriel et sociétaire, Charles Fourier s'attaquait plus spécialement à la fausse industrie et au commerce mensonger; mais il n'hésitait pas plus que Saint-Simon devant la nécessité d'un renouvellement complet de la société et d'une entière transformation de notre civilisation prétendue, qu'il qualifiait de honteuse et abominable barbarie. Ces deux hommes s'étaient vus de leur vivant raillés et bafoués. Esprits, intuitifs, absolus, d'une excentricité que l'orgueil égara jusqu'à l'hal^ lucination, et qui confondaient perpétuellement le monde des réalités avec le monde des chimères, trop en dehors du milieu social pour y pouvoir être compris, Saint-Simon et Fourier étaient morts dans l'isolement ; mais leur parole n'était point morte avec eux. Elle avait été recueillie par des disciples pleins de zèle. Elle s'était répandue lentement d'abord, puis avec une rapidité toujours * croissante. Elle avait

1. Condorcet, dans Bon rapport à la Convention sur Tinstruction publique, avait dit : « Toutes les institutions sociales doivent avoir pour but Tamélioration, sous le rapport physique, intellectuel et moral, de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. »

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