XXXIV INTRODUCTION
ses conceptions politiques, quelques esprits sévères, refusant également à M. Thiers la gloire de l'homme d'État et celle du grand historien, ne consententils à applaudir en iTii que le mieux informé, le plus habile, lé plus sagace et le plus. disert des journalistes. L'apologie de la Convention, l'éloge de Danton, protestation hardie contre les opinions reçues à cette époque, avaient fait la fortune de V Histoire de la Mévolutwn française^ livre écrit de verve et dont une certaine flamme de jeunesse échauffe encore le scepticisme caché. Grâce au produit des éditions qui se multipliaient, M. Thiers, de concert avec MM. Mignet et Armand Gat*rel, avait fondé \e National, dont la -critique acerbe, funeste au gouvernement de la branche aînée, contribua puissamment à ï'élévation de la maison d'Orléans.
Jeté dans les régions du pouvoir par la révolution de juillet, successivement conseiller d'État, député, secrétaire général au ministère des finances, ministre de l'intérieur et des travaux publics, M. Thiers mit fin à la guerre civile de la Vendée en soudoyant un traître et en divulguant les faiblesses d'une femme. Cet homme sans fiel ni haine fit de la répression à outrance et du terrorisme constitutionnel, bien plutôt par fatuité d'énergie que par violence de tempérament ou par rigueur systématique. Les échecs de son ministère, auquel on a donné le nom de ministère du 1®' mars, lui aliénèrent néanmoins et pour longtemps la confiance du parti conservateur.
Si M. Thiers a paru très-différent de M. Guizot, par