‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 29 sur 81 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

C'est aux deux ministères de M. Guizot et de M. Thiers que revient la plus grande part de responsabilité dans les événements, dans les lois, et même, jusqu'à un certain point, dans les mœurs qui donnent au règne de Louis-Philippe un si triste sens historique. Ni M. Mole ni M. de Broglie n'eurent à beaucoup près la même influence. Le premier, ancien ministre de Napoléon Bonaparte, dont le génie lui inspirait une admiràtign excessive, partisan de l'autorité à ce point de n'avoir jamais refusé à aucun gouvernement le concours de ses lumières, avait fourni, depuis la révolution de juillet, une carrière politique assez heureuse ; mais ses différents passages au pouvoir n'eurent pas un sens très-déterminé et se rattachaient presque uniquement à des questions de personnes. M. Mole, homme de l'ordre ancien, ne pouvait ni ne voulait comprendre le génie des temps nouveaux; il n'exerça point d'action sérieuse, et, si nous trouvons son nom à l'heure suprême de la royauté,

ce sera comme un témoignage de plus de l'aveugle-' ment dont elle était frappée.

Quant au rôle de M. de Broglie, il parut moins actif encore. Élève de Voyer d'Argenson,* libéral à la façon dont on l'entendait alors, il professait la haine (Ju despotisme, ce qui ne l'avait point empêché de le servir. Sous la Restauration, il avait donné des marques* de courage politique. A la Chambre des pairs, oh il était entré en 1814, il avait soutenu seul l'incompétence de la cour dans le procès du maréchal Ney. Et, seul aussi, dans les années suivantes, il avait appuyé les

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