XXXVIII . INTRODUCTION
des affaires un appui intéressé et qui paraissait solide.
La bourgeoisie était prépondérante dans le corps électoral. Alanguie par la prospérité et par l'action continue d'un gouvernement qui la voulait soumise et non puissante, elle ne montrait plus aucune trace de cette vertu politique qui l'avait poussée à la glorieuse révolte de 1789. En conquéraiit le pouvoir, les dignités, la fortune, elle avait comme perdu le sentiment du droit. Le but atteint, son premier soin avait été de construire des barrières qui le rendissent inaccessible au reste des hommes. La classe moyenne, si sage en apparence, essayait une œuvre insensée : elle voulait arrêter à elle le mouvement de la liberté. Elle ne voyait plus dans le peuple qu'un compétiteur incommode, un ennemi qu'il fallait repousser à outrance dans les basfonds de la société, sous peine de se voir ravir par lui des biens dont elle voulait la possession exclusive.
Les deux Chambres législatives secondaient dé leur mieux ces instincts égoïstes. Frappée d'un c^up funeste à son indépendance par l'abolition de l'hérédité, composée, suivant les besoins ministériels, de légitimistes ralliés, de nobles de l'Empire, de révolutionnaires de 1830, la Chambre des pairs n'en présentait pas moins, malgré ces éléments hétérogènes , une immense majorité conservatrice *,
1 . Jamais expression ne fut plus détournée de son acception ^Taie. Le parti conservateur ne conservait rien que âei& appa-