‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 42 sur 81 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

et devait changer le milieu social, et que, le principe ^Ital de la société moderne étant l'industrie, c'était l'industrie qu'il lui importait de transformer, en substituant, dans les travaux agricoles et manufac turiers, Vassociaiïon à Y antagonisme y en remplaçant la commune incohérente et morcelée, par le 'phalanstère qui cultiverait, d'après un plan bien combiné, une étendue commune, et serait administré par un conseil électif, chargé de la répartition des produits selon l'apport de chacun en capital^ en travail et en talent. Le travail, selon la doctrine fouriériste, étant une loi naturelle que nul né viole sans souffrance, devait, si notre éducation et notre vie sociales ne nous rendaient rebelles aux vues de Dieu, être toujours attrayant et productif. De cette conception fondamentale découlaient dans tous les ordres de la pensée, dans la science, dans les arts, une foule de combinaisons ingénieuses. Quant aux idées de Fourier sur les relations des sexes, comme elles étaient de nature à choquer tout autant et plus encore peut-être que la doctrine saint-simonienne, on les laissa dans l'ombre ; on ne les traita plus qu'entre initiés ; elles passèrent à l'état de questions réservées. Mais, tout en occupant avec le saint-simonisme une place considérable dans la publicité, le fouriérisme ne fut jamais non plus, à proprement parler, populaire. La hiérarchie théocratique de Saint-Simon et les combinaisons compliquées de l'arithmétique fouriériste ne pouvaient point saisir l'esprit des masses. Il y avait là beaucoup trop de doctrine et d'érudition. Le

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